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Affaire Jean Claude Delaval

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Message par meygem Sam 02 Sep 2017, 21:38

Soulignés en rouge, les lieux où les B---E ont vécu, le Cardinal se trouve près de St Dié (il manque Petitmont et Val-et-Châtillon, dans le Bas-Rhin)

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Avis de décès - Daniel THURIOT - Aumontzey - Libra Memoria
...Mme Jacqueline THURIOT , Line et Olivier, Yannick, Kevin et Morgane , Et toute la famille... (Aumontzey, Vosges, France - 2013)

  Avis de décès - Patricia THURIOT - Vosges (88) - Dans nos coeurs
...M. Daniel THURIOT, son époux , Angélique, Cédric et Tony, Anthony, ses enfants , Enzo et... (Vosges, Vosges, France - 2014)

  Avis de décès - Daniel THURIOT - Aumontzey - Libra Memoria
...Avis Daniel THURIOT, Publication : 20/01/2013... (Aumontzey, Vosges, France - 2013)

  Avis de décès - Paulette THURIOT - Vosges (88) - Dans nos coeurs
... Michel THURIOT, ses enfants et son petit-fils , Les familles THURIOT, CLAIRE , Toute la... (Vosges, Vosges, France - 2013)

En fin de compte, il semble qu'il y en ait beaucoup des Th----t
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Message par titine Sam 02 Sep 2017, 23:17

b'soir tous
j'ai une adresse intéressante concernant les avis de décès. Je la rajouterai dans le fil des forums et autres liens. On ne peut pas remonter jusqu'à la révolution, mais c'est déjà ça.  Very Happy
Y en a plus de 30 pages et il y a des patronymes que l'on "connait"

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Message par meygem Dim 03 Sep 2017, 12:14

à Casta

Bonjour, le Daniel TH-riot qui est décédé ne peut pas être le frère de JJ puisqu'il a été interviewé par la presse, en juin 2017. C'est "l'indien" qui a offert des chevaux à MuMu. Il s'agit d'un homonyme. Donc il y a bel et bien des tas de TH-riot, à Aumontzey, mais pas forcément ceux qui nous intéressent. Mad



Daniel Thuriot, 65 ans, dit n’avoir jamais parlé de Grégory avec sa sœur Jacqueline Jacob, aujourd’hui mise en cause. L’homme marche pieds nus sur le bitume brulant, cheveux longs blancs et tatouages sur les bras. On le surnomme l’Indien dans la famille Jacob, ou la Globule. « J’y crois pas de trop à cette histoire. Il n’a jamais eu un seul procès le Gros. Le Gros, Marcel, c’est mon beauf. On se voit tous les quinze jours. Il est tellement méticuleux… Il ne roulerait pas avec un phare cassé ! Mais bon on va voir hein… Si c’est vrai, ça fait chier. »
 Daniel a deux autres sœurs, Raymonde et Marie-Claire. Il est le cadet de la fratrie Thuriot, installée ici depuis plus de soixante ans. « Avec les frangines, on parle un peu mais pas de ça. Chacun sa merde hein…»   Paris Match Publié le 22/06/2017
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Message par meygem Dim 03 Sep 2017, 12:53

D-niel TH (suite)


Franceinfo Mis à jour le 26/06/2017  


Du côté de Jacqueline Jacob, la famille n'est pas très bavarde non plus. "Ils sont libres, c'est bien, ça fait plaisir. Maintenant il faut les blanchir", estime Daniel Thuriot, l'un de ses frères. "Ils sont gentils, toujours ensemble. Lui, je n'arrive pas à l'imaginer faire des conneries. Il est toujours droit", juge cet homme tatoué et bronzé, moustache à la gauloise et cheveux blonds mi-longs. "Ils sont de toutes les manifestations au village. Elle a travaillé à l'usine de textile toute sa carrière. Lui aussi. Toute sa vie c'est l'usine. Je pense qu'ils se sont rencontrés là-bas, ajoute-t-il. Mais l'usine c'était pas pour moi. Moi, c'était la scierie, dans les bois, jusqu'à la retraite."
Daniel Thuriot n'en dira pas beaucoup plus. L'homme, campé devant son garage, dos à la vue panoramique sur la vallée, sur le versant opposé à la maison de Jacqueline Jacob, n'a pas les mots pour raconter sa sœur aînée. Lui va sur ses 65. Il fait le calcul. "Cela fait huit ans d'écart. Mais on a été élevés ensemble. On m'appelait le petiot. J'étais le dernier." Il montre Granges-sur-Vologne, où ils ont grandi. "On a été élevés comme tout le monde, pas plus mal je pense", se borne-t-il à dire quand on lui demande des anecdotes de son enfance avec Jacqueline. De la fratrie de sept enfants, il lui reste quatre sœurs. Toutes sont restées dans la vallée de la Vologne, sauf une. "J'ai des bons rapports, mais je ne les vois pas tous les jours. Je peux passer un mois sans les voir. J'ai quatre gosses, des petiots, j'ai ma vie."


@ Casta :Il était le dernier, né en 1952 (info pour l'arbre).
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Message par meygem Dim 03 Sep 2017, 19:50

J'admets avoir un côté très ch-ant, mais je ne transige pas avec la vérité.
Daniel Th-riot dit "On se voit tous les quinze jours. "  et "J'ai des bons rapports, mais je ne les vois pas tous les jours. Je peux passer un mois sans les voir.".
Oui, je suis ch-ante à ce point-là.  Rolling Eyes
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Message par titine Lun 04 Sep 2017, 19:31

meygem,
Je suis plutôt méfiante en ce qui concerne le montage des interviews.
On peut faire dire n'importe quoi aux gens et retranscrire autre chose.

Ce qui m'agace aussi ce sont les voisins, les autres habitants qui tombent des nues... "Ils sont si gentils... Ils ne tueraient pas un lapin... Pas possible" gnan gnan gnan.

Landru aussi était gentil, poli et tout et tout...
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Message par Mike68 Mar 05 Sep 2017, 06:46

Je suis comme vous Titine , ces témoignages du voisinage ou de la famille "dans le sens du poil" m'agacent au + haut point - Bien souvent les gens croient connaître leurs voisins , mais ils ne les connaissent pas réellement - C'est comme dans l'affaire de la disparition de Maélys : le frère et la mère du suspect le défendent becs et ongles - Et pourtant il apparaît clairement que c'est bien lui qui a commis ce forfait : le type nettoie sa voiture de fond en comble le lendemain de la disparition , il y a l'ADN de la petite sur le tableau de bord de sa bagnole , de qui se fout-on ?

La seule à ne pas défendre les Jacobs - on la sent même à la limite de les enfoncer un peu + - c'est leur fille Valérie Jacob -
Je suis persuadé qu'elle détient un morceau important de la vérité - N'oubliez pas que sur certains appels du corbeau son rire a été reconnue en arrière fond....
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Message par Kassandra88 Mar 05 Sep 2017, 08:49

Bonjour à tous,

@Titine et Mike,

Ce qui m'agace aussi ce sont les voisins, les autres habitants qui tombent des nues... "Ils sont si gentils... Ils ne tueraient pas un lapin... Pas possible" gnan gnan gnan.


C'est un grand classique. Beaucoup de psychopathes ont deux visages.
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Message par Casta Mar 05 Sep 2017, 09:24

Bonjour

Quelques extraits du baobab pour situer différents protagonistes de cette affaire...

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Message par VLFR Mar 05 Sep 2017, 09:54

Super Casta, merci ! mais quel est le lien familial entre René J. et Léon-A Jac ?

VLFR


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Message par Casta Mar 05 Sep 2017, 10:02

Kassandra88 a écrit:Bonjour à tous,

@Titine et Mike,

Ce qui m'agace aussi ce sont les voisins, les autres habitants qui tombent des nues... "Ils sont si gentils... Ils ne tueraient pas un lapin... Pas possible" gnan gnan gnan.


C'est un grand classique. Beaucoup de psychopathes ont deux visages.

Oui, c'est sûr, Kassandra

En même temps, c'est l'argument qu'avaient avancé certains en son temps pour accuser Christine.

J'ajouterais que c'est un reproche que l'on peut faire aux gendarmes qui ont démarré cette enquête. Si ils s'étaient d'abord penchés sur une possible implication des parents de l'enfant (ce qui est le protocole classique à suivre dans des enquêtes de ce type), cette femme n'aurait sans doute jamais eu à endurer pareille torture par la suite.
Il aurait été assez facile pour les gendarmes de démontrer qu'elle n'avait matériellement pas eu la possibilité de commettre ce crime, à partir de plusieurs témoignages et de l'examen du chronotachygraphe.

On n'a pas affaire ici à un enfanticide lié à de la maltraitance ni à caractère sexuel ni même à un enlèvement avec demande de rançon.

Ce crime n'a eu pour seul objectif que de se venger du père de l'enfant (du père, pas de la mère).
À mon avis, ce n'est qu'en se concentrant sur ce mobile qu'on pourra peut-être découvrir un jour l'auteur ou les auteurs de cet acte barbare.


Dernière édition par Casta le Mar 05 Sep 2017, 11:41, édité 1 fois
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Message par Casta Mar 05 Sep 2017, 10:21

VLFR a écrit:Super Casta, merci ! mais quel est le lien familial entre René J. et Léon-A Jac ?

C'est un de ses nombreux enfants.

Léon et Adeline ont eu 13 enfants : Monique, Thérèse, René, Marcel, Georges, Maurice, Suzanne, Yvette, André, Albert, Robert, Gilbert...et Louisette.
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Message par VLFR Ven 08 Sep 2017, 16:17

Bonjour, est ce que quelqu'un sait si le pere de Jea- Clau-- Dela-al s'appelait Albert? a t on quelque part sa genealogie? merci d'avance

VLFR


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Message par Casta Ven 08 Sep 2017, 20:41

Selon cet article du Nouveau Détective, le prénom du père de Jean-Claude Delaval commence par la lettre M.
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Message par Casta Ven 20 Oct 2017, 14:13

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Message par Kassandra88 Ven 13 Mar 2020, 14:19

2020

Nos brillants internautes n'ont pas attendu l'Est Républicain.

Jean-Claude Delaval (1949) - Grégory Villemin (1984) : deux affaires étrangement identiques
Une nouvelle décision judiciaire en fin d’année 2019, un documentaire sur Netflix, une mini-série à venir sur TF1, l’hypothèse d’un meurtre « collectif » qui émerge, les réseaux sociaux qui s’emballent, chacun s’improvisant enquêteur… L’affaire Grégory non seulement est loin d’être terminée mais continue de passionner le public. Elle rappelle étrangement, une autre affaire, survenue 35 ans plus tôt, à 30 km de la vallée de la Vologne : l’assassinat, le 31 mars 1949, dans le hameau de la Bolle, du petit Jean-Claude Delaval, 6 ans. L’enfant avait été retrouvé dans une rivière.


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Dans la vallée de la Vologne, comme à la Bolle, on n’imagine pas un instant que les deux affaires soient reliées ; que l’assassin de l’un se soit inspiré de l’autre, pour autant et, nous insistons, si comparaison n’est pas raison, on ne peut qu’être troublé par la similitude entre l’assassinat de Jean-Claude Delaval, 6 ans, et celui de Grégory, 4 ans. Dans les deux cas, les enfants ont été retrouvés dans une rivière des Vosges ; dans les deux cas l’assassin ne semblait pas leur en vouloir particulièrement mais voulait, à travers eux, sans doute, viser leurs pères ; dans les deux cas, les policiers sont arrivés aux mêmes conclusions : il faut chercher le coupable parmi les proches de la victime ; dans les deux cas un corbeau a sévi et enfin, dans les deux cas, les enquêtes seront entachées d’erreurs…



Les deux enfants jouaient dehors



Jean-Claude Delaval : « Un crime horrible que l’imagination a peine à concevoir, a jeté hier un vif émoi au hameau de la Bolle, à l'écart de Saint-Dié », écrit Fernand Zussy dans L’Est Républicain du 3-4 avril 1949. « Un garçonnet de six ans, le petit Jean-Claude Delaval, benjamin d’une famille de trois enfants, dont les parents tiennent un café-épicerie route de la Bolle, a été sauvagement assassiné ». Cette affaire va traumatiser les Vosgiens et, au-delà, la France.

Ce jeudi 31 mars, jour sans classe, Jean-Claude joue avec une douzaine d’autres camarades devant la maison familiale. La route nationale reliant Saint-Dié à Épinal longe le terrain gazonneux. Vers 19 h, sa mère l’aperçoit encore s’ébattant sur le pré avec des camarades. Moins d’un quart d’heure plus tard, l’enfant saute au cou de son père de retour du travail. Ce dernier, après avoir scié quelques grosses bûches en compagnie de son fils aîné, est ensuite allé boire un verre au café.

Cependant, alors que le soleil s’est couché, Mme Delaval, jusque-là occupée à faire la cuisine, s’inquiète de ne pas le voir rentrer. Il est environ 20 h 15. Elle se met immédiatement à sa recherche, l’appelle, en vain. Finalement, prise de panique, avec son mari accouru, elle prévient la police.

Le commissaire Volnier arrive sans tarder sur les lieux et entreprend de faire fouiller les bois et les prés environnants ainsi que les rives de la petite rivière Le Taintroué. La nuit n’arrête pas les recherches, de puissantes torches étant apportées.  

Grégory Villemin : le mardi 16 octobre 1984, vers 16 h 55, Christine Villemin, suivant ses habitudes, quitte son travail à Lépanges et récupère Grégory chez sa nourrice. De retour au domicile familial, l’enfant reste dehors pour jouer un peu dans le jardin sur le tas de graviers d'excavation situé devant la maison. Sa mère fait du repassage en écoutant la radio. Peu après 17 h 20, elle sort pour demander à son fils de rentrer mais ne reçoit aucune réponse. Ne le trouvant pas, elle est prise de panique, se précipite dans son automobile et part à sa recherche, pensant qu’il a pu vouloir retourner chez sa nourrice ou rejoindre des camarades. En chemin, elle interroge des voisins, qui, tous, déclarent ne pas avoir vu l'enfant. La police est alertée de la disparition de Grégory vers 17 H 30

Jean-Claude Delaval : à la Bolle, les recherches se poursuivent à la torche. C’est alors, aux alentours de 21 h 30, qu’un gardien de la paix découvre, dans le ruisseau, le corps de la petite victime. Le journaliste de L’Est Républicain précise : « La tête, horriblement mutilée, émergeait seule de l’eau. À quelques mètres de là, une flaque de sang, indice irréfutable d’un crime ». Selon les premiers éléments de la Sûreté déodatienne, l’enfant aurait été tué non sur place mais à quelques kilomètres en amont.

Grégory Villemin : le corps sans vie du petit garçon est retrouvé vers 21 h 15, dans la Vologne, à Docelles, à sept kilomètres en aval de Lépanges. Le corps, pieds et mains liés, une cordelette autour du cou, est retenu par un petit muret de cailloux. L’enfant porte un anorak bleu et un bonnet lui couvre le visage. Aucune trace de violence physique. Selon le capitaine Etienne Sesmat,
«on aurait dit que l’enfant était entré dans l’eau de lui-même, comme par jeu ». Les médecins légistes ne trouvent aucune trace d’adrénaline, symptôme de la peur (l’autopsie, incomplète, s’ajoutera plus tard à la longue liste des ratés de l’enquête). Le long des berges, les gendarmes relèvent des traces de pneus mais aussi de pas, celles de souliers d’hommes, d’autres d’escarpins. Coïncidence : un couple aurait justement été aperçu dans une voiture verte, qui tournait près du pavillon des Villemin quand le petit Grégory a été enlevé.

Le 25 octobre 1984, les gendarmes de Bruyères procèderont à une première reconstitution du crime avec l'aide d'un mannequin. Après avoir effectué plusieurs essais, ils en concluent que l'enfant n'aurait pas été jeté entre Deycimont et Docelles, mais probablement depuis le centre du village de Docelles, derrière la caserne des pompiers, à proximité de l'endroit où le corps a été découvert. On ne sait pas précisément où il a été tué.

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Deux enfants particulièrement aimés  

Jean-Claude Delaval : Georges Dirand l’explique dans L’Est Républicain : « Jean-Claude était, dans sa famille, le ‘‘ravisote’’, expression charmante qui désigne l’enfant de parents qui se sont ‘‘ravisés’’… Il avait, en effet, 13 ans de moins que l’autre fils et 16 ans de moins que sa sœur aînée. Il était, ainsi, le préféré et le plus gâté mais personne, semble-t-il, n’en avait pris ombrage au sein de cette famille où règne maintenant la désolation après l’enterrement qui a attiré, à Saint-Dié, une foule considérable et émue ».

Grégory Villemin : le petit garçon, enfant unique, est aussi particulièrement choyé. Là aussi, attenter à sa vie est atteindre ses parents dans ce qu’ils ont de plus cher, de plus précieux. Les obsèques se dérouleront à Lépanges le samedi 20 octobre 1984, attirant une foule de près de 700 personnes.

Jean-Claude Delaval : l’enquête est aussitôt confiée au commissaire Démorge, de la PJ de Nancy, assisté de collègues  (commissaires Baullenet, Comtesse et Pugnières) et d’une dizaine d’inspecteurs. Toutes les maisons de La Bolle sont fouillées, les enfants qui ont joué avec Jean-Claude interrogés, les emplois du temps de chaque habitant examinés. Au total, 450 personnes sont auditionnées.

Un couple de voisins, M. et Mme Patenotte, dont la première audition avait présenté des erreurs et des zones d’ombre, est interrogé à plusieurs reprises à Saint-Dié et à Nancy. Ils sont finalement mis hors de cause même si madame avoue être le corbeau à l’origine des lettres anonymes envoyées quelques jours avant le crime, l’une à la mère du petit garçon, accusant son mari d’avoir une maîtresse, une deuxième à l’époux de la soi-disant maîtresse, l’avertissant lui aussi qu’il était cocu. Elle voulait « mettre certaines familles face à la réalité », expliquera-t-elle.

Marie-Louise Patenotte quittera à jamais la région où trop de méchancetés s’étaient concentrées

Grégory Villemin : le meurtre de l’enfant va prendre des proportions inédites, en raison de l’entrée en scène d’un personnage qui va focaliser toute l’attention des juges, enquêteurs, avocats, journalistes et experts durant des années : le corbeau. L’assassin ne s’est en effet pas contenté de tuer. Il a aussi prémédité et surtout revendiqué son crime dans une lettre anonyme. Le lendemain de la mort de Grégory, son courrier non signé arrive au domicile des parents du petit garçon. Il est adressé plus spécialement à Jean-Marie Villemin : « J’espère que tu mourras de chagrin, le chef. Ce n’est pas ton argent qui pourra te redonner ton fils. Voilà ma vengeance, pauvre con ». La lettre a été postée à Lépanges-sur-Vologne, le jour du meurtre, avant la levée de 17h15.

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Déjà, le jour du meurtre, vers 17h30,  Michel, un frère de Jean-Marie Villemin, avait reçu un appel téléphonique : « Ça ne répond pas à côté… Dites-leur que je me suis vengé. J’ai pris le fils du chef. Je l’ai mis dans la Vologne », affirme posément une voix rauque.

L’explication ? Les enquêteurs apprennent rapidement ce que le village sait déjà : comme à la Bolle, c’est la figure du père qui est visée. Jean-Marie est en froid avec plusieurs membres de sa famille, dont certains travaillent avec lui à l’usine. La réussite de ce jeune homme de 26 ans attise les rancœurs. Ses deux voitures et la construction de son coquet pavillon nourrissent les jalousies. Un « corbeau » harcèle le couple et ses parents depuis des années, par courrier ou téléphone. « Attention ta maison va brûler cette nuit…. Le vieux (Albert) est mort, pendu dans sa grange…». Dans ces menaces, Jean-Marie Villemin, le contremaître, est désigné comme « le chef ». Il finit par se mettre sur liste rouge ce qui explique que la nouvelle de l’enlèvement de son fils Grégory ait été reçue par un de ses frères. Mais les menaces persistent. Les volets du pavillon flambant neuf prennent quelques plombs. Un « homme aux jumelles » est également recherché : il aurait été vu en train d’observer à distance les mouvements des Villemin. Le couple se sent traqué.

Aujourd’hui encore personne ne connaît le nom du corbeau, ni son visage. En revanche, sa voix et son écriture sont devenues célèbres…

La famille Villemin a décidé de ne plus jamais habiter la vallée de la Vologne où trop de haine s’était accumulée depuis des années.

Murielle après Josseline

Jean-Claude Delaval  : le couple Patenotte avait été suspecté après le témoignage de leur fille, Josseline : « Papa se trouvait à la cuisine au moment où je faisais mes devoirs, puis Jean-Claude m’embêtait. Il a d’abord joué à la balle avec mon petit frère, puis il a tourné autour de la table : maman l’a giflé, papa lui a donné un coup de martinet ; il est sorti. Comme il tapait du pied après la porte, papa est sorti de nouveau avec le martinet ».

À La Bolle, bientôt tout le monde suspecte tout le monde. Une atmosphère de suspicion empoisonne le petit hameau.

Grégory Villemin : plus d’un mois après le drame, Bernard Laroche, le cousin germain de Jean-Marie Villemin est interpellé. Confondu par son écriture, il est soupçonné d’être le « corbeau ». Ce père d’un enfant de 4 ans, Sébastien, ferait partie des « envieux » de la situation du père de Grégory. Il est en outre proche de Jacky - le demi-frère de Jean-Marie Villemin - dont le corbeau prend souvent la défense. Laroche est inculpé d’assassinat et écroué le 5 novembre, sur la base du témoignage accablant de sa belle-sœur, Murielle Bolle. L’adolescente de 15 ans raconte, lors d’une garde à vue à la gendarmerie, puis devant le juge d’instruction Jean-Michel Lambert quelques jours plus tard,  une « promenade » jusqu’à la Vologne avec Bernard, Sébastien et Grégory :
« Bernard est descendu de voiture tenant l’enfant à la main. Il s’est éloigné. Il est revenu seul ».

L’adolescente se rétractera ensuite, assurant avoir tenu ces propos sous la contrainte. Elle ne cessera, dès lors, de clamer l’innocence de Bernard Laroche, qui sera abattu par le père du « petit Grégory », Jean-Marie Villemin, en 1985. La justice annulera en janvier 2020 la garde à vue de Murielle Bolle, ainsi que quelques pièces du dossier, mais pas les déclarations faites auparavant aux gendarmes ni son interrogatoire ultérieur devant le juge Lambert.

Peu d’indices dans les deux cas

Jean-Claude Delaval : le professeur Mutel de Nancy « chargé de diverses analyses et d’examens importants » a conclu en affirmant que « rien ne pouvait permettre de considérer qu’il y avait un acte contre nature, confirmant ainsi l’impression de ceux qui avaient constaté la parfaite ordonnance des vêtements de la victime lors de la découverte du corps ».

Aucune trace de lutte ni de pas dans l’herbe n’a pu être trouvée. Le corps ayant séjourné dans l’eau, il ne porte pas d’empreintes.  Seule certitude : l’auteur du crime a utilisé un « instrument tranchant qui a fait sur tout le  crâne, de la région frontale à la région occipitale, des plaies intéressant le cerveau et dont quatre au moins sur six étaient mortelles ». Il est aussi noté que le soir du crime, « on a remarqué et entendu une voiture qui revenait de Grandrupt, ce qui est assez rare ».

Grégory Villemin : selon l’autopsie qui se déroule le lendemain des faits, le corps de Grégory ne présente aucune trace de violence apparente, sa mort « est directement et exclusivement en rapport avec une submersion vitale à double origine, asphyxique et inhibitrice », cependant rien ne permet de déterminer s’il est mort noyé dans la Vologne ou pas, s’il a été ligoté avant ou après sa mort.

Mise en scène macabre

Jean-Claude Delaval : détail étrange lors de la découverte du corps de l’enfant, le petit doigt de la main gauche a été sectionné. On ne saura jamais pourquoi…

Grégory Villemin : les sauveteurs, lorsqu’ils sortent Grégory de la Vologne, sont immédiatement frappés par la mise en scène macabre de sa mort : il a les pieds, les mains et la tête liés par des cordelettes et son bonnet est rabattu sur son visage.  

« L’assassin est parmi nous »

Jean-Claude Delaval : dans le contexte tendu de l’après-guerre, sur fond de racisme ambiant, ce sont les étrangers qui sont d’abord suspectés. « L’analogie certaine (et par divers points extraordinaire) avec le crime perpétré, il y a un an, le 17 mars 1948, sur la petite Anne-Lise Schmitt, à Algrange, a fait diriger tout de suite, trop complètement, et trop longtemps l’essentiel de l’enquête vers les Nord-Africains qui, au nombre de 450 à 500, travaillent à la reconstruction déodatienne », écrit Georges Dirand, l’envoyé spécial de L’Est Républicain dans l’édition du 4 avril. La grande opération policière lancée dans le camp Saint-Roch, la caserne Chérin, où ont été installés des travailleurs,  sans oublier « les quartiers populeux », ne donne rien. «  À Saint-Dié, on n’aime pas les Nord-Africains et on serait heureux de s’en débarrasser à la faveur d’une affaire criminelle retentissante. Sans doute faut-il y voir là la raison de l’insistance des hautes sphères policières auprès de la police judiciaire de Nancy pour pousser l’enquête à fond. Une douzaine de commissaires et d’inspecteurs venus de Nancy se sont, dimanche, occupés du crime de Saint-Dié, ce qui est exceptionnel ».

Puis, l’enquête se focalise sur les habitants de La Bolle. Toutes les maisons ont été fouillées « avec une minutie touchant à l’obstination ». « Chaque habitant a vu sa situation examinée, son emploi du temps vérifié ».

Dans le petit village « tout en gardant un silence prudent », chacun est persuadé que « l’assassin est parmi nous ».  Les arguments avancés semblent convaincants : Jean-Claude n’aurait pas suivi un inconnu. Il a été jeté dans l’eau non loin de la maison paternelle et à l’endroit le plus profond du ruisseau ce qui laisse supposé que l’assassin connaissait bien les lieux. Enfin, les chiens n’ont pas aboyé et l’enfant n’a pas crié… « Mais alors, quel mobile a pu pousser les criminels ? Jalousie ? Rancune ? Vengeance contre les parents ? Colère irrationnelle ? » s’interroge L’Est Républicain.

Grégory Villemin : oncles, tantes, neveux, cousins… Les enquêteurs vont se pencher sur l’alibi de quelque 70 personnes vivant alentour, avec des liens de parenté plus ou moins éloignés : Monique Jacob et Albert Villemin, les grands parents de Grégory, ont eu 18 enfants, ensemble ou séparément... Et « tout le monde est suspect. Je dis bien : tout le monde », affirme à l’époque le procureur Jean-Jacques Lecomte, du parquet d’Épinal. Toute la famille est soumise à l’épreuve de la dictée et la justice attend beaucoup des analyses graphologiques. De son côté, Jean-Marie Villemin soupçonne dans un premier temps Jacky, un demi-frère avec qui les relations sont tendues. Il se rend même chez lui avec une carabine après la mort de Grégory, prêt à faire justice lui-même… avant de rebrousser chemin. Mais Jacky a un alibi solide : au moment du crime, il réparait une toiture chez un voisin. Une bonne douzaine de témoins à l’appui.

Les enquêteurs vont de maison en maison, récoltent les ragots mais peinent à déterrer les secrets bien enfouis

Des enquêtes bâclées

Jean-Claude Delaval : « Nous avons pris le départ dans de mauvaises conditions », déplore le commissaire Demorge qui explique que lorsqu’il est arrivé, « c’est un petit corps lavé et changé qui lui fut présenté ». Aucune analyse n’était plus possible. En outre, le chien policier (ce chien de piste et d’attaque appelé Peter avait appartenu à la Feldgendarmerie de Saint-Dié avant d’être récupéré par M. Pzerbalsky) n’a été emmené sur place que 36 heures après la découverte de l’enfant, « c’est-à-dire que des centaines de gens avaient circulé dans la prairie et que le gel avait pratiquement annihilé toute piste ». Enfin, les objets suspects n’ont été examinés par le laboratoire qu’avec retard, en raison des vacances de Pâques ! « Pas d’indices donc. Pas d’arme du crime. Pas de lieu de crime bien défini. Pas d’heure du crime absolue. Pas de témoins. Pas de suspects. Ou, alors trop de suspects. Et surtout pas de mobile du crime », l’énigme est totale.


Grégory Villemin : on le sait, justice, police et gendarmerie se sont noyées dans la Vologne. Le juge Lambert a commis des erreurs de procédure et a varié dans ses convictions, les experts (plus d’une dizaine), qui devaient faire parler les lettres du corbeau, ont surtout servi à brouiller les cartes : après avoir accusé Bernard Laroche, ils ont ensuite accablé Christine Villemin ; enfin les enquêteurs ont commis des erreurs techniques, sans compter les rivalités. Les gendarmes sont dessaisis, les policiers de Nancy prennent la relève….

La presse s’en mêle

A La Bolle, l’opinion publique commence à se passionner pour ce fait divers hors du commun. Des journalistes viennent de Paris et envahissent le hameau. Chacun y va de son hypothèse…

35 ans plus tard, l’assassinat de Grégroy deviendra un véritable feuilleton pour les Français. L’émotion omniprésente sera instrumentalisée. L’opinion publique trépigne, le corbeau de mauvaise augure est dans tous les esprits. Qui est-il ? Qui est le meurtrier ? Personne ne le sait mais tout le monde a son idée. À commencer par les journalistes qui s’engageront, en dehors de toute règle déontologique, toujours avides de scoops sur le chemin du pire.

Les auteurs de ces deux crimes odieux sont-ils morts ou vivants ? Vivent-ils toujours dans les Vosges ou ont-ils déménagés ? Les explications sont-elles à chercher dans des secrets de famille, des jalousies ou pire des haines ? La Bolle comme la Vologne gardent farouchement leur mystère. Et les deux innocentes petites victimes restent les seuls êtres à partager le lourd et tragique secret de leurs assassins.

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Message par Kassandra88 Sam 14 Mar 2020, 12:40

Pour elle, (Mme Ancel) l’assassin ne sera jamais retrouvé « comme pour Grégory ». Mais comme pour Grégory, certains savent : « Il se dit que l’assassin est allé se confesser auprès du curé de la chapelle du Bihay, mais celui-ci a emporté son secret dans la tombe ».

Homonymie…

Le nom du hameau La Bolle rappelle, évidemment, celui de la famille des sœurs Murielle et Marie-Ange Bolle (femme de Bernard Laroche), mais leur étymologie semble différente.

La Bolle. Le nom La Bolle serait étymologiquement une borne fatale à franchir pour les malades de la communauté forestière. Il y avait, en effet, au Moyen Âge, dans le massif de la Madeleine, une léproserie…

Bolle. Ce nom de famille peut avoir plusieurs origines. La première est la variation de bol, nom de personne d'origine germanique qui signifie ami, frère. Il peut aussi représenter une forme de l'ancien français « bole », soit une tromperie, une ruse, et désigne dans ce cas-là un homme fourbe. Ce nom se retrouve dans le nord et l’est de la France. En Suisse et dans le Doubs, bolle est le plus souvent une variante de Bolla qui viendrait du latin bulla, boule et bulle, bola, terre en friche…


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Message par Dynaroo Mar 17 Mar 2020, 01:52

Je trouve incroyable que plus de 70 ans après, il règne une omerta à La Bolle.
Les gens du coin ont-ils vraiment envie de ne plus évoquer l'affaire ?

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Message par Kassandra88 Sam 10 Oct 2020, 14:01

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