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Les attentats du 13 novembre 2015 à Paris ... et les suivants 2

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Message par Mike68 Lun 18 Oct 2021, 05:38

Je vous laisse..... "réfléchir" et méditer sur ça les amis - Rien à voir avec la Religion , rien à voir avec l'Islam , vraiment ?
Je précise que je ne suis supporter ni de Zemmour , ni de Marine Le Pen , ce serait toute autre tendance politique , ça serait pareil :

Tiré du Figaro Société :

"Sur les réseaux sociaux, un homme veut que les musulmans se réunissent pour «couper la tête» d'Éric Zemmour et de Marine Le Pen.

La vidéo a largement circulé sur le réseau TikTok en milieu de semaine, avant d'être retirée. S'exprimant calmement et semble-t-il de manière réfléchie, un individu y multipliait les références à l'Islam et promettait de «couper la tête» d'Éric Zemmour, candidat pressenti à l'élection présidentielle, ainsi que de Marine Le Pen, candidate du Rassemblement National.
Dans sa vidéo, l'homme s'adresse manifestement à un autre internaute, algérien, lui ayant posé une question sur un réseau social. «Salam Aleikoum mon frère. Moi je suis Marocain et comme tu dis les Français sont venus chez toi en Algérie pendant 132 ans, ils ont violé les femmes, tué tes frères et sœurs, fait couler le sang, et aujourd'hui ils viennent te dire comment tu dois vivre ?» commence-t-il.

Il poursuit en proférant des menaces ouvertes. «Je suis de tout cœur avec toi, et Marine Le Pen ne passera pas, ni Zemmour ni zebi [personne], voilà, d'accord ? On va tous se réunir inch'allah [citant plusieurs fois Allah] et on va leur couper la tête comme à l'époque de Hamza, comme à l'époque du prophète [...]. Crois-moi qu'il y a des têtes qui vont tomber, ça va leur faire tout drôle [...]. La patience, la sagesse, tranquille, t'inquiète pas.»

La publication coïncidait presque avec le premier anniversaire de la mort de l'enseignant Samuel Paty, égorgé par un islamiste. L'auteur des propos a déjà publié des vidéos menaçantes récemment. «Crois-moi que le sang va couler», promettait-il ces dernières semaines sur Tiktok contre l'instauration du passe sanitaire. Évoquant un monde «tournant mal» à cause du «satanisme en route très fortement», il affirmait que «la seule manière, c'est séquestration et meurtre... ouais... c'est la seule manière pour arranger les choses».
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Message par JM Lun 18 Oct 2021, 08:29

Mike à écrit :

Commentaires délibérément à côté de la plaque JM et Tristann , mais je vous aime bien quand même tous les 2            Very Happy

Il n'est pire aveugle que celui qui ne VEUT pas voir.        Mad

Ce n'est pas parce que tu ne vois pas en quoi les commentaires ont à voir avec ce fil que tu es aveugle Mike, pas du tout. Laughing

Selon moi, les personnes dangereuses se glissent dans toutes les confessions, pas uniquement l'Islam. . .Pour moi les confessions sont au départ toutes des escroqueries, ce n'est que mon avis et je suis croyant.

Tu as raison, les terroristes religieux ne sont que des islamistes c'est réel, mais tout les musulman ne sont pas terroristes. . .Loin de là.


Cordialement,

JM


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Message par JM Lun 18 Oct 2021, 08:45

Kassandra à écrit :

Paris : un pilote arrêté après avoir émis le désir de crasher son avion sur la cathédrale Notre-Dame

Bonjour Kassandra,

je serai d'avis qu'on le laisse réaliser son rêve. . .Pour ce faire, il faudrait le scotcher sur un deltaplane télécommandé lancé à grande vitesse LOL!


Cordialement,

JM


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Message par Mike68 Lun 18 Oct 2021, 12:03

@JM : "mais tout les musulman ne sont pas terroristes. . .Loin de là."

Est-ce que j'ai jamais écrit que tous les musulmans étaient terroristes ?? , je crois pas....

En revanche , expliques-moi pourquoi il n'y avait AUCUN problèmes avec eux dans les années 80/90 ,
et pourquoi autant sont radicalisés maintenant - Il y a de multiples explications.

PS : au passage , je constate que tu ne fais aucun commentaire sur les menaces de décapitation -
Comme on dit : un silence assourdissant - C'est beau l'angélisme               Smile
Mike68
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Message par ruth Mar 19 Oct 2021, 23:10

Encore un autre live-tweet du procès des attentats du 23 novembre
Celui-ci est continu .
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

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est une volupté de fin gourmet." -   
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Message par JM Mar 19 Oct 2021, 23:50

Mike à écrit :
@JM : "mais tout les musulman ne sont pas terroristes. . .Loin de là."

Est-ce que j'ai jamais écrit que tous les musulmans étaient terroristes ?? , je crois pas....
Non t'as raison, sorry Mike.
En revanche , expliques-moi pourquoi il n'y avait AUCUN problèmes avec eux dans les années 80/90 , Si, khaled kelkal.  
et pourquoi autant sont radicalisés maintenant On savait que l'horreur trouvait son terreau dans la souffrance, on sait aujourd'hui qu'elle se développe encore plus vite dans la connerie, il n'y a rien d'autre à dire. . .Enfin Mike, regardes la tronche de Mehdi Nemmouche deux minutes. . .Le gars si il décapite, tu te dis d'office qu'il est à la recherche d'un cerveau tellement il a l'air d'en avoir besoin.- Il y a de multiples explications.

PS : au passage , je constate que tu ne fais aucun commentaire sur les menaces de décapitation -
Brrrrr, t'as rien de plus gai lol. . .Juste un commentaire à la con alors. . .Ils sont plus rassurant au couteau qu'à l'AK, c'est déjà ca de positif.
Comme on dit : un silence assourdissant - C'est beau l'angélisme  Tu m'imagines cherchant à devenir un bon garçon. . . Very Happy  . . .             Smile




En bleu Mike.


Cordialement,

JM


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Message par Mike68 Mer 20 Oct 2021, 06:02

@JM : "Si, khaled kelkal."

Khaled Kelkal , c'est du pipi de chat par rapport aux tueries de l'EI , notamment l'opération Franco-Belge du 13 Novembre à Paris.

"On savait que l'horreur trouvait son terreau dans la souffrance, on sait aujourd'hui qu'elle se développe encore plus vite dans la connerie"

C'est un des rares points sur lequel on est d'accord.

"Tu m'imagines cherchant à devenir un bon garçon"
Justement non , c'est la raison pour laquelle certaines de tes prises de position m'étonnent        Smile
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Message par ruth Mer 20 Oct 2021, 18:17

Aujourd'hui, à l'audience se mêlent les derniers témoignages des survivants et les premiers des proches des personnes décédées
C'est poignant.

(Live-tweet du procès par Charlotte Piret/Sophie Parmentier, Hélène Sergent, Guillaume Auda)

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Message par Lisetoct Jeu 21 Oct 2021, 08:57

PROCÈS DES ATTENTATS DU 13-NOVEMBRE
Au procès des attentats du 13-Novembre, le récit des otages du Bataclan : « Y a un gars armé qui va entrer. Fais ce qu’il te dit et ne tente rien, ça va aller »
Six des onze otages séquestrés dans un couloir pendant près de deux heures et demie ont témoigné, mardi, de leurs tentatives de fuite jusqu’à l’assaut final de la BRI.
Par Soren Seelow


Trois ombres se détachent dans la nuit. Trois corps suspendus dans le vide, accrochés à des rebords de fenêtre au-dessus du chaos. Six ou sept mètres plus bas, sur la chaussée, des dizaines de spectateurs fuient par grappes l’enfer du Bataclan, au milieu des cris et des coups de feu, par les issues de secours qui donnent sur le passage Saint-Pierre-Amelot.
Cette scène, filmée depuis sa fenêtre par un riverain, l’ancien journaliste du Monde Daniel Psenny, a été diffusée, mardi 19 octobre, au procès des attentats du 13-Novembre, devant la cour d’assises spéciale de Paris. Elle a saisi l’effroi de ceux qui sont parvenus à s’extraire de la fosse dans les premières minutes du massacre, et le désespoir de ceux qui se sont retrouvés pris au piège à l’étage.
Ces trois silhouettes se balançant dans le vide, on va bientôt entendre leur histoire. Cette histoire, c’est celle des onze spectateurs qui ont été retenus en otage par les terroristes dans un couloir situé sur le balcon de la salle de concerts. Six d’entre eux ont raconté devant la cour d’assise ce tête-à-tête avec la terreur qui durera près de deux heures et demie, jusqu’à l’assaut final de la brigade de recherche et d’intervention (BRI), à 0 h 19. Personne n’a côtoyé d’aussi près les donneurs de mort qui ont semé la désolation à Paris cette nuit-là.
Le premier à se présenter à la barre s’appelle David Fritz-Goeppinger. Ce barman de 23 ans à l’époque des faits était à l’étage quand les premiers coups de feu ont retenti dans la fosse, à 21 h 47. Apercevant une porte au bout du balcon, il entreprend de la rejoindre en rampant entre les sièges. Cette porte, qui se refermera bientôt sur ses espoirs de fuite, donne sur un couloir exigu où sont réfugiés quelques spectateurs.
Une femme vient à lui : « Je suis enceinte, est-ce que je peux sauter par la fenêtre ? » David jette un œil dans la rue et lui dit que « non, elle se brisera les jambes ». Tous deux seront, quelques minutes plus tard, deux silhouettes suspendues dans le vide.

« Aidez-moi, je suis enceinte ! »

De l’autre côté de la porte, des coups de feu retentissent sur le balcon. Le carnage de la fosse s’est propagé à l’étage. Le couloir est une impasse. La fenêtre apparaît finalement à David comme une issue pour tenter de rejoindre le toit. Il s’accroche à une grille d’aération, ses mains saignent sur la tôle. « Je pèse 90 kg, je comprends que je n’arriverai jamais à me hisser à la force des doigts. » Un jeune homme le rejoint sur la façade. Il s’appelle Sébastien. Sur la vidéo, tous deux apparaissent dans l’encadrement de la même fenêtre, dans une même tentative désespérée pour fuir la mort.
Les deux jeunes hommes entendent alors une femme crier. Les pieds dans le vide, accrochée par les doigts à l’appui d’une autre fenêtre, la femme du couloir appelle au secours : « Aidez-moi, je suis enceinte ! » Sébastien : « On était trois à avoir eu cette brillante idée, qui n’était pas une idée, mais un geste de désespoir. Cette femme enceinte criait et demandait aux passants de la rattraper. Elle a glissé, elle l’a dit, ses mains avaient glissé. » Sébastien quitte sa fenêtre et parvient à remonter la jeune femme à la force du bras pour la hisser dans le couloir.
Lire aussi  Article réservé à nos abonnés Attentats de 2015 : « Il y a autant de 13-Novembre qu’il y a de victimes »
Il rejoint aussitôt David sur la fenêtre qu’il vient de quitter. Les deux hommes se collent contre la façade, tentent de disparaître dans la nuit. David raconte cette rencontre au-dessus du précipice avec un inconnu : « Je lui demande son prénom, il s’appelle Sébastien. Je lui dis ; “Ça va aller, tu verras, on se reverra et on boira des verres ensemble.” J’ai conscience qu’un homme armé va passer la porte du couloir et je lui dis : “Dans quelques minutes, y a un gars armé qui va entrer. Fais ce qu’il te dit et ne tente rien, ça va aller, tu verras”… »

« Je viens de tuer 100 personnes »

De l’autre côté de la porte, deux assaillants, Ismaël Omar Mostefaï et Foued Mohamed-Aggad, ont investi le balcon, tandis que le troisième poursuit sa besogne dans la fosse. Grégory est accroupi avec son amie Caroline, atteinte d’une maladie neuromusculaire, entre deux rangées de sièges. Il entend une voix qui dit : « Debout ! » Il aperçoit l’arme braquée sur eux et commence à ramasser ses affaires : « Pourquoi tu prends tes affaires ? T’en as plus besoin, tu vas mourir », dit la voix. Caroline ressent « le besoin » de parler à cet homme en jogging qui lui paraît « géant » vu du sol : « J’avais lu que c’était plus difficile de tuer quelqu’un à qui on avait parlé. Je lui ai dit que j’avais un handicap, il m’a répondu qu’il n’en avait rien à foutre. »
Les deux terroristes arpentent le balcon pour rassembler les rares spectateurs qui y sont encore. Mostefaï aperçoit David et Sébastien suspendus à leur fenêtre : « Faites pas les héros, allez là-bas, dit-il en pointant son arme en direction de la porte. Je viens de tuer 100 personnes, vous ferez pas la différence. » Les deux hommes rejoignent les autres otages sur le balcon. Ils sont onze, huit hommes et trois femmes, parmi lesquelles la femme enceinte, assis contre un mur. Mostefaï : « Le premier qui bouge, je lui mets une balle dans la tête. »

Les terroristes tirent de temps à autre en direction de la fosse. « Ils y prenaient plaisir, comme dans un jeu vidéo », dit Grégory. Pour chaque corps qui bouge, un tir. David : « Foued Mohamed-Aggad s’amuse à tuer les gens qui sont en bas. On assiste au massacre sans pouvoir rien faire. Il disait : “Celui qui bouge je le tue”, puis on entendait : “Ha, ha, ha, je t’avais dit de pas bouger !” »
Pendant que Foued Mohamed-Aggad achève les blessés dans la fosse, Mostefaï se lance devant les otages dans une diatribe sur l’organisation Etat islamique, les guerres de François Hollande, l’Irak et la Syrie. Sébastien : « Il nous disait qu’on n’avait qu’à pas voter pour Hollande… » Grégory : « Ils nous demandent pour qui on a voté, mais beaucoup répondent qu’ils n’ont pas voté. Ça a commencé à les agacer, c’était assez surréaliste… »

« Ils nous ont emmenés dans le couloir »

Caroline : « A un moment, il y a eu une explosion, comme de la neige, on a compris que c’était le troisième. » Sur la scène, le troisième terroriste a en effet déclenché sa ceinture explosive après avoir été touché par un tir de policier. Il est 21 h 57.
Cet événement, dix minutes après le début de la tuerie, ouvre une nouvelle séquence pour les otages du balcon. David : « Les deux terroristes jouissent dans un premier temps de la mort de leur collègue, mais en même temps on sent qu’ils perdent le contrôle. » Caroline : « Ça a un peu précipité les choses, ils nous ont fait nous lever et nous ont emmenés dans le couloir. »

Dans l’exigu couloir de 1,30 mètre de large sur 8,50 mètres de long, les terroristes disposent les otages en boucliers humains, certains devant les fenêtres, d’autres contre la porte. Mostefaï se positionne au fond de la coursive et tire de temps à autre dans la rue par la fenêtre. Près de la porte, Foued Mohamed-Aggad fait quelques incursions sur le balcon, tire lui aussi, et se retrouve bientôt dans l’incapacité de recharger son arme, qui semble enrayée. L’adrénaline retombe peu à peu. David : « Les deux terroristes sont dans une phase de descente. Ils parlaient sans cesse de Syrie, mais de manière machinale, comme une cassette qui se répète. » Caroline : « Ils n’avaient pas l’air d’avoir préparé cette partie [la prise d’otages]. Dans ma tête on était partis pour la nuit, voire plus. »

Quelques anecdotes absurdes traversent cet interminable face-à-face. Sébastien : « Ils m’ont tendu une liasse de billets en me demandant de les brûler, j’avais un briquet, je pense à Gainsbourg et je me dis : “Ils vont me sacrifier sur l’autel du capitalisme.” Mais finalement non, il ne se passe rien. » Caroline : « Mostefaï m’a dit : “Eh, là-bas, couvre-toi”, car mon épaule était à nu. Je lui ai dit : “Ah oui, pardon !”, comme si ma tenue était indécente… »


Un assaut éclair et des miracles

Positionné devant la porte avec Caroline, Grégory a pour mission de rapporter ce qu’il entend : « Je répète que j’entends des gens qui poussent des râles, ils me disent : “C’est bien, tu bosses bien.” » Vers 23 h 15, les hommes de la BRI, qui ont lentement progressé dans la salle en évacuant les blessés, arrivent devant la porte. Les terroristes menacent de tout faire sauter : « On a des “kalachs” et des ceintures d’explosifs, si vous reculez pas, on tue tout le monde. » Grégory fait office de porte-voix et répète : « Je vais passer ma soirée à crier leurs instructions à travers la porte, je ne sais même plus si je dois dire “je” ou “on”. »

Les terroristes récupèrent finalement les téléphones des otages et entament des pourparlers avec la BRI. Caroline : « Ils ont tenté de négocier, mais on a vite senti qu’ils n’avaient rien à négocier. » Ils réclament « une lettre signée de François Hollande avec écrit qu’il retire ses troupes en Syrie ». Les terroristes tentent de joindre des chaînes d’information, en vain. Les contacts téléphoniques avec la BRI, qui demande aux preneurs d’otages de libérer la femme enceinte, se succéderont jusqu’à l’assaut.
Soudain, une balle traverse la porte. Aggad se met à hurler, et rejoint Mostefaï au fond du couloir en abandonnant son arme défectueuse. Terrifié par l’issue de cette intrusion, Grégory crie : « Non, faut pas donner l’assaut ! » et tente de bloquer la porte. Elle finit par être enfoncée. Le bouclier Ramsès, tenu par le premier de colonne, avance. Mostefaï vide son chargeur dessus : vingt-sept balles. Le bouclier de 80 kg bascule sur une marche et tombe au sol, sur Caroline. La colonne avance désormais à découvert : par miracle, les terroristes sont à court de munitions. Un déluge de grenades assourdissantes et de poussière envahit le couloir. La colonne progresse. Grégory : « Je vois Caroline qui a une ranger sur la tête, un policier est en train de lui marcher dessus. »
Un autre otage, Arnaud, se retrouve dans l’escalier au fond du couloir avec Foued Mohamed-Aggad qui écarte les bras « comme un tourniquet » pour l’empêcher de s’enfuir, puis déclenche sa ceinture explosive. Dans le couloir, David est soulevé par le souffle et retombe deux mètres plus loin. Nouveau miracle : Arnaud a le dos criblé d’éclats, mais de façon superficielle.
Une main attrape David par les cheveux et la ceinture : « Je vois des rangers, des hommes en noir, et je distingue une tête sous une masse noire, le bouclier, c’est la tête de Caroline, je soulève le Ramsès et on sort ensemble du couloir. » Après deux minutes d’assaut, les onze otages ont été libérés, indemnes.

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Message par ruth Jeu 21 Oct 2021, 15:39

À partir d'aujourd'hui, ce ne sont plus que les témoignages des proches des personnes décédées au Bataclan.

Dans toute cette immense désolation, beaucoup exhortent les survivants à ne pas se sentir coupables et remercient le Président Périès pour l'humanité et la dignité des débats.

(Live-tweet du procès par Charlotte Piret/Sophie Parmentier, Hélène Sergent, Guillaume Auda)

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Message par Kassandra88 Jeu 21 Oct 2021, 19:43

par ruth Aujourd'hui à 18:59

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Pour rappel, le "mémorial" des victimes décédées lors des attentats du 13 novembre : avec l'accord des familles, leur portait physique et moral (cliquer sur chaque photo).

Leur souvenir nous honore et nous oblige.
Kassandra88
Kassandra88
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Message par Tristann Dim 24 Oct 2021, 04:25

Procès des attentats du 13 Novembre : «Il m’a dit qu’il allait mourir et qu’il m’aimait»
La mère, puis la compagne de victimes du Bataclan, qui déposaient à la barre de la cour d’assises spéciale de Paris ce vendredi, ont lancé un appel à tous ceux qui pourraient leur parler des derniers instants de vie de leur proche. Dans l’océan de leur désespoir, comme «une bouteille à la mer».

« Il était beau. Il semblait détendu. » Lorsqu’elle a vu le visage de son fils Stéphane, 39 ans, assassiné au Bataclan le 13 novembre 2015, derrière la vitre d’une salle de l’Institut médico-légal, L. s’est sentie apaisée par l’idée qu’il était « mort dès les premiers tirs, comme son ami Pierre. Qu’il n’avait pas eu le temps d’avoir peur. » Elle n’a compris que plus tard que ce n’était, hélas, pas le cas. « Sur le certificat de décès, il était indiqué que Stéphane était mort au 56, boulevard Voltaire et non au 50, où se trouve le Bataclan, raconte cette maman ce vendredi à la barre de la cour d’assises spécialement composée. Puis en lisant le rapport de police judiciaire, mon sang s’est glacé. Il décrit un homme mort, torse nu, une couverture de survie le recouvre. Il est seul. »

Ces quelques lignes emplissent son cœur de désolation. « Je vois mon fils abandonné là, énonce-t-elle, figée au pupitre. J’imagine dans quelle solitude morale et physique il est parti. Il a sans doute eu le temps d’être effrayé par le surgissement des tueurs. D’être effrayé par ses blessures. D’être désespéré de laisser sa compagne et son fils de 4 ans, qu’il avait tant désiré et qu’il adorait. »

« Il a été laissé pour mort, trouvé par hasard alors qu’il a été vu par d’autres personnes »
L. maman d'une victime
Depuis six ans, comme tant d’autres parents et proches endeuillés par les attentats, L. a cherché à reconstituer les derniers instants de vie de son enfant. Mais elle n’y est pas parvenue malgré les recherches acharnées qu’elle et le père de Stéphane ont lancées. Alors sa déposition lui permet, au-delà du « gouffre » de « désespoir et de désillusion » dont cette mère témoigne avec une infinie pudeur, d’adresser ces questions qui la hantent à la volée. Comme pour glaner, qui sait, une réponse : « Qui l’a aidé à rejoindre ce local technique ? interroge-t-elle. Y a-t-il un rescapé ou plusieurs qui l’y auraient transporté ? Un soignant a dû s’occuper de lui puisqu’il était partiellement déshabillé : a-t-on enregistré son nom ? Il a été laissé pour mort, trouvé par hasard alors qu’il a été vu par d’autres personnes », supplie-t-elle.

« Nous ne savons pas comment Stéphane est mort », dira aussi son père Jean-Pierre Albertini à la barre. Lui a pu retrouver, grâce à une chanson qu’il avait composée, un guitariste rescapé (Cap’tain Boogy) qui l’avait vu hors de la salle, encore vivant mais à terre. Un autre 13 novembre récent, où son petit-fils « n’allait pas fort », Jean-Pierre Albertini a choisi de se consacrer à l’écriture d’un livre pour ce petit garçon, plutôt qu’à cette quête d’informations. « Papa est parti dans une fusée sur une étoile », lui avait-on conté, rapporte-t-il. « Il a compris que son père était mort, sauf que dans les mois qui ont suivi, il appelait sa mère en pleurant chaque fois que le ciel était noir. Il avait peur que l’étoile de son père ait chuté et qu’il se soit blessé en tombant. »

« J’ai eu la sensation que mon cœur avait arrêté de battre. »
Chloé
Une « bouteille à la mer » dans l’océan de son désespoir, Chloé en envoie une elle-aussi face à la cour ce vendredi. Robe à fleurs, cheveux longs teintés d’un rouge, cette femme que la détresse du deuil fait se sentir « dans une petite boîte », avait 23 ans et son compagnon Mayeul 27, le 13 novembre 2015. « On avait emménagé ensemble dans un grand appartement. On allait fêter ses 30 ans. On venait d’adopter un chat un peu fou à la SPA. » Ce soir-là, alors que Mayeul est au concert des Eagles of Death Metal, elle est plongée dans un dossier au cabinet d’avocats où elle travaille. « Il est 21h47 quand il m’appelle. J’ai hésité à décrocher. À l’autre bout du fil, il y avait des explosions et des cris. Il m’a parlé. Il m’a dit qu’il y avait un attentat. Qu’il était blessé. Qu’il allait mourir et qu’il m’aimait. »

Chloé se tord les mains. « Au début je ne l’ai pas cru. J’ai fini par comprendre. » Elle ajoute : « La dernière chose que je lui ai dite, et je m’en veux encore, c’est : fais semblant d’être mort. Puis, il y a eu un gros bruit… » Elle ne raccroche pas mais Mayeul ne parle plus. « J’ai eu la sensation que mon cœur avait arrêté de battre. » Aux photos de son conjoint sur l’écran de la salle — dont l’une, tachée de sang, le montre qui l’embrasse sur la joue — succède le plan du Bataclan. Chloé le fixe. « Quand j’imagine Mayeul tout seul, qui se vide de son sang au Bataclan, j’ai envie de mourir », livre-t-elle. Chaque fois qu’un rescapé qui témoigne « parle d’une personne blessée à la fesse ou aux cheveux frisés, j’ai l’impression qu’on parle de lui », ajoute-t-elle. Elle lance à son tour ces questions : « Quand et comment a-t-il été touché ? Combien de temps est-il resté conscient ? Si quelqu’un l’a vu ou lui a parlé ce soir-là au bar, je lui serai très reconnaissante de le savoir. »


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Message par ruth Lun 25 Oct 2021, 22:15

Cette semaine démarre avec toujours les témoignages des proches des victimes décédées au Bataclan.

(Live-tweets du procès par Charlotte Piret/Sophie Parmentier, Hélène Sergent, Guillaume Auda, Aurélie Sarrot)

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Message par ruth Mer 27 Oct 2021, 13:58

Fin aujourd'hui des témoignages des familles des victimes décédées
Témoignage du représentant légal du Petit Cambodge
Début des témoignages des policiers primo-intervenants au Bataclan

80 autres victimes ayant finalement souhaité témoigner le feront en mars.

(Live-tweets du procès par Charlotte Piret/Sophie Parmentier, Hélène Sergent, Guillaume Auda, Aurélie Sarrot)

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Message par ruth Mer 27 Oct 2021, 18:20

ruth a écrit:Fin aujourd'hui des témoignages des familles des victimes décédées

Témoignage du représentant légal du Petit Cambodge

Début des témoignages des policiers primo-intervenants au Bataclan. Ce sont les policiers de la bac 75, entrés en contrevenant aux ordres, derrière leur commissaire. Leur récit est très dur. Ils sont contents de s'exprimer, se sentant sous pression pour ne pas s'exprimer. En plus de l'horreur, ils pointent une désorganisation certaine et des procédures à améliorer.
Merci à eux


80 autres victimes ayant finalement souhaité témoigner le feront en mars.

(Live-tweets du procès par Charlotte Piret/Sophie Parmentier, Hélène Sergent, Guillaume Auda, Aurélie Sarrot)

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Message par Tristann Mer 27 Oct 2021, 22:50

Procès des attentats du 13 Novembre : «On a dû choisir entre qui allait vivre et qui allait mourir»
Des policiers de la Brigade anticriminalité de nuit de Paris ont raconté, ce mercredi, à la barre de la cour d’assises spéciale, leur intervention au Bataclan et leurs premiers secours à des victimes blessées. Et aussi leur sentiment d’avoir été ensuite oubliés.

Ils sont les tout premiers policiers à avoir pénétré dans le Bataclan et porté secours à des blessés, sans attendre l’arrivée de la BRI. Mais leur intervention, méconnue jusqu’au procès des attentats du 13 Novembre, avait été comme effacée. Dans la foulée de leur « patron », le commissaire C., et de son chauffeur, dont les tirs sur l’un des terroristes venaient de faire basculer l’attaque, une quinzaine d’hommes de la BAC75N (la BAC nuit de Paris) ont à leur tour poussé les portes de la salle de spectacle ce soir-là. Certains de ces fonctionnaires, qui se sont constitués partie civile, ont témoigné ce mercredi devant la cour d’assises spécialement composée. « À l’époque, la doctrine était de mettre un périmètre autour d’une zone de crise. Sauf que ce jour-là, on n’a pas obéi aux ordres », dira Michel, le premier à se camper à la barre.

Costume cravate, carrure costaude, Michel raconte dans le détail cette soirée où il rejoignait à moto leur « base », Porte de Clichy, pour un entraînement sportif entre collègues avant leur prise de service. « Sur le périph, je vois des gyrophares partout. A l’arrivée, mes camarades équipaient les véhicules en équipement lourd. Y’a des bombes qui ont explosé au Stade de France : faut y aller. » Leur patron, le commissaire C., part en premier. « On enquille derrière lui avec un décalage de quelques minutes. » Leur convoi est orienté vers le centre de Paris, place de la République. « On arrive par Oberkampf/Voltaire. On entend des détonations de kalachnikovs. Des collègues retranchés derrière des véhicules impactés nous font signe : Dégagez, ça tire. »

Ils sont alors postés à 180 m de l’entrée du Bataclan, bloqués par « un petit monsieur », le décrit-il, qui leur intime l’ordre d’attendre la BRI. Mais sur les ondes saturées, leur chef, qui vient de ressortir après ses tirs et une explosion (le terroriste Samy Amimour a déclenché sa ceinture), leur « demande du renfort avec insistance ». « À chaque accalmie, on a fait un petit bond. On rejoint notre commissaire à l’entrée. »

« Je me suis permis d’envoyer un SMS à ma famille parce que clairement pour moi, on allait tous y passer »
Michel, policier de la BAC75N, avant d'entrer dans le Bataclan
Celui-ci leur fait « un topo sommaire de la situation : Ça tire à l’intérieur, on ne sait pas combien ils sont mais ils sont en train de tuer tout le monde. Faut y aller. » Dans ce qu’il appelle « l’effet tunnel » que créé l’action, Michel a un peu perdu la chronologie. Mais il connaît l’heure exacte de ce moment où, deuxième d’une des deux colonnes formées, protégé d’un bouclier et d’un casque lourd emprunté à un collègue, il s’apprête à entrer. « Je me suis permis d’envoyer un SMS à ma famille parce que clairement pour moi, on allait tous y passer. Un Je t’aime à ma femme. Il est 22h30. »

Sur l’écran apparaît le plan du rez-de-chaussée du Bataclan. À l’aide du laser pointeur du pupitre, Michel décrit pas à pas leur progression. « Je suis ébloui par un phare : le projecteur de la scène. Là, on n’a plus du tout de coups de feu. On a un silence de mort. » Il raconte : « Mes pieds frappent des chargeurs de kalachnikovs au sol. Une mare de sang. Des victimes les unes sur les autres. Des corps entreposés. Plus on avançait, plus on faisait sortir des victimes. » Leur attention est attirée par la présence d’un enfant, vivant, avec un casque antibruit, qu’ils extirpent du corps qui l’enlace. « Il était embrassé par les bras d’une femme. »

Le point vert du laser chemine sur le plan. Sur la coursive de droite, où sa colonne avance, Michel sent qu’on lui attrape les jambes. « Une dame me supplie de l’aider », prononce-t-il avec peine. Il repousse sa main du pied. Lui assure que les pompiers ne vont pas tarder. Il sait que ce n’est pas le cas car la sécurisation des lieux est loin d’être achevée. « On ne savait pas où ni combien les terroristes étaient (les deux derniers du commando se sont retranchés dans un couloir de l’étage avec onze otages). On savait qu’il y avait potentiellement des gilets explosifs, et sur les ondes, on nous disait que le bâtiment était susceptible d’être piégé. » Cette femme, Michel pense plus tard l’avoir reconnue, « décédée ».

À plusieurs reprises lors de sa déposition, pour cette victime et pour d’autres, Michel se dit « navré » et s’excuse. D’avoir « bousculé avec son bouclier » des « personnes valides » pressées de s’extraire de l’enfer. « On ne pouvait pas aller plus vite. Des complices pouvaient être cachés sous eux ». D’avoir plus tard dégagé un blessé de la fosse en le tirant « par les bras, face au sol » car « face au sol ça ne se fait pas ». D’avoir commencé à opérer « un triage entre blessés » : « Les hémorragies, c’est ce qui fait le plus de morts. On n’avait pas le temps de réfléchir. On a dû faire le choix entre qui allait vivre et qui allait mourir. » Ce policier, par ailleurs militaire de réserve et « formateur en secourisme tactique en situation de guerre », avait sur lui « une trousse spécialisée ». Il opère des soins d’urgence à mains nues – « j’avais oublié mes gants ».

« Des collègues nous traitaient de mythomanes. Mon fils m’a dit : Papa, on ne te voit pas »
Alain, policier de la BAC75N, désormais à la retraite
La BRI a repris leurs positions. Un cordon de CRS les « évince de la zone ». Les secours prennent la main. Sur le trottoir où ces policiers se retrouvent, après avoir passé environ une heure, seuls intervenants dans l’horreur et le chaos, « c’est le silence au sein des troupes. On est couverts de sang. » À la cour, Michel précisera : « Au niveau organisation des secours, c’était un peu le désordre. C’est pour cela que je me suis décidé à me constituer partie civile : pour faire évoluer les process ». À l’intention des victimes, il insiste : « Je tiens à leur dire qu’on a vraiment fait le max. On aurait voulu faire plus. »

Michel puis son collègue Alain après lui racontent qu’après, « on » leur a demandé « de ne pas parler de cette intervention », sur laquelle le rapport usuel, d’ordinaire requis dès le lendemain, ne l’a été que plusieurs mois plus tard. « On nous a dit qu’on avait fait ce qu’il fallait et qu’on pouvait en être fiers. Ce qu’on a vécu n’apparaissait nulle part », dit le policier. « On, c’est qui ? », s’étonne la cour. « Pourquoi selon vous ? » questionne une avocate de parties civiles. « Dans ce genre d’événements, notre hiérarchie peut avoir des informations qui nous échappent. Peut-être pour ne pas nous mettre en danger à titre individuel ? Je n’ai pas d’explications », répond Michel.

Alain, lui, résumera leur sentiment d’avoir été « oubliés » de l’administration comme des médias en utilisant l’image des « trois cassettes » qui composent pour lui cette nuit-là. « La première cassette est l’intervention du commissaire C. La 2e, la nôtre. La 3e, celle de la BRI. Il manque la cassette n° 2. » Son ex-compagne, confie-t-il, ne l’a « jamais cru ». « Des collègues nous traitaient de mythomanes. Mon fils m’a dit : Papa, on ne te voit pas. » Ce brigadier désormais en retraite après « vingt-neuf ans de police dont 21 en Bac », souligne : « On est rentrés par nécessité. On a subi quelque chose que je n’avais jamais ressenti, ni en maintien de l’ordre ni en violences urbaines. » À un camarade qui l’a ainsi félicité : « Ah les gars, c’est bien, j’aurais aimé être avec vous », il relate avoir répondu : « Nous, on aurait aimé ne pas être là. »


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Message par ruth Ven 29 Oct 2021, 19:11

Jeudi et vendredi, médecins et psy ont témoigné.

Contrairement à ce qu'ont avancé deux pères endeuillés mercredi, les médecins du Raid et de la Bri ont confirmé qu'il n'y avait eu que des blessures par balle.
Aucune blessure par arme blanche


Par ailleurs, les policiers de la Bac75 ont obtenu la protection fonctionnelle de leur administration (prise en charge notamment de leurs frais d'avocats).

Live-tweets du procès par Charlotte Piret/Sophie Parmentier, Hélène Sergent, Guillaume Auda, Aurélie Sarrot)

La semaine prochaine, le procès entrera dans une nouvelle phase avec l'audition des accusés.

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Message par ruth Sam 30 Oct 2021, 20:46

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Condamnation confirmée en appel (mais sans période de sûreté)pour la tentative d'attentat contre l'église de Villejuif et le meurtre d'Aurélie Chatelain, jeune prof de fitness nordiste, alors en stage en région parisienne

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Message par ruth Mar 02 Nov 2021, 12:43

Le procès des attentats du 13 novembre entre dans une nouvelle phase aujourd'hui, avec l'interrogatoire de personnalité des accusés, leur biographie. Cependant, leur parcours de radicalisation ne sera examiné qu'en janvier et les expertises psy interviendront ultérieurement.
La cour commence par Salah Abdeslam car les accusés seront interrogés par ordre alphabétique.

(Live-tweets du procès par Charlotte Piret/Sophie Parmentier, Guillaume Auda, Hélène Sergent, Aurélie Sarrot)

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Message par ruth Mar 02 Nov 2021, 15:36

Posé et doucereux, S. Abdeslam répond aux questions, sauf celles qui le dérangent.

Comme bien d'autres, S. Abdeslam reçoit un abondant courrier féminin en détention...

Je prends les paris qu'il finira par se marier et procréer en détention.

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Message par Lisetoct Jeu 04 Nov 2021, 12:56

PROCÈS DES ATTENTATS DU 13-NOVEMBRE
Au procès du 13-Novembre, la vie « simple » d’avant de Salah Abdeslam
Après un mois consacré au récit des attentats de la nuit du 13 novembre 2015 par ceux qui les ont subis, la parole est aux accusés, interrogés jusqu’à la fin de la semaine sur leur personnalité
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Par Henri Seckel / Le Monde Abonnés

Curieuse sensation, mardi 2 novembre, à la reprise du procès des attentats du 13-Novembre devant la cour d’assises spéciale de Paris : personne n’a pleuré, personne n’a évoqué ses blessures par balles, ni la perte d’un proche au Bataclan ou sur une terrasse parisienne, ni son stress post-traumatique. Après un mois d’audience consacré au récit des horreurs de la nuit du 13 novembre 2015 par ceux qui les ont subies, la parole est aux accusés, et les regards quittent la barre pour fixer le box vitré.

Salah Abdeslam et Mohamed Abrini, d’abord. Ces deux natifs de Bruxelles sont unis par leur proximité dans l’ordre alphabétique, par leur enfance à Molenbeek, où ils étaient voisins, et par un destin d’ancien candidat au suicide toujours en vie. Si les choses s’étaient déroulées comme prévu, le premier aurait actionné, dans la nuit du 13 novembre 2015, la ceinture explosive retrouvée intacte, trois jours plus tard, au sud de Paris, et le second aurait déclenché, le 22 mars 2016, la bombe qu’il poussait sur un chariot à bagages à l’aéroport de Bruxelles.
Eux seuls savent pourquoi les choses ne se sont pas déroulées comme prévu, et la question ne leur a pas été posée mardi, puisque ce n’est pas l’objet de l’examen de personnalité occupant la cour, cette semaine. Il s’agit pour l’instant de retracer succinctement le parcours des accusés – enfance, famille, scolarité, travail, détention –, sans évoquer les charges pesant sur chacun d’eux, qui seront étudiées en janvier 2022.
Puisqu’il n’était question ni de leur radicalisation ni des faits qui leur sont reprochés, les deux kamikazes défaillants sont redevenus, mardi, le temps d’un interrogatoire, des garçons presque comme les autres. « Vous savez, on n’est pas sortis du ventre de nos mères avec des kalachnikovs en main », a dit Mohamed Abrini. Il y a eu une vie avant de basculer dans le terrorisme.

« J’étais un bon élève »


Salah Abdeslam s’est levé en premier. Ses avocats l’avaient-ils appelé à la retenue ? Se peut-il qu’il ait été remué par la détresse sans fin des parties civiles ? On ne le saura pas, personne ne le lui a demandé, mais l’accusé numéro un n’était plus le même. On l’avait connu véhément et maladroit depuis l’ouverture des débats, aggravant son cas à chaque prise de parole ; il est apparu serein et courtois mardi. Le sourire discret qu’il a parfois affiché n’avait rien de provocateur. Les quelques rires dans la salle d’audience n’avaient rien de moqueur. Si l’on n’avait pas été au procès des attentats du 13-Novembre, on aurait trouvé les échanges légers.

l fut un temps, celui de l’enfance, où la vie de Salah Abdeslam était « très simple » : « J’étais quelqu’un de calme, gentil. Voilà. » Ses parents marocains sont en Belgique depuis les années 1970, le père conduit les tramways de « la STIB » (Société des transports intercommunaux de Bruxelles), la mère s’occupe du foyer où grandissent Salah, né en 1989, ses trois grands frères Yazid, Brahim (qui sera, le soir du 13-Novembre, l’un des auteurs des tirs contre des terrasses parisiennes) et Mohammed, et sa petite sœur, Myriam. L’ambiance est « toujours bonne » à la maison, on ne manque de rien. « Ouais, j’étais bien. » A l’école aussi : « J’étais aimé par mes professeurs. J’étais un bon élève. »

Il fut un temps où Salah Abdeslam avait « plein de projets » : « J’étais bon dans certaines branches, j’étais studieux, je me donnais à fond, j’étais ambitieux », dit-il, voix posée, léger accent belge. Il avait suivi une filière technique « pour avoir directement un métier », obtenu son diplôme d’électromécanique et été embauché, à 18 ans, à la STIB pour « réparer les trams ». Et puis le destin a déraillé.

« Pourquoi avez-vous arrêté au bout d’un an et demi ?, demande le président de la cour, Jean-Louis Périès, qui connaît déjà les réponses à ses questions.
– J’ai été licencié.
– Pour ?
– Parce que je suis rentré en prison. »
Une tentative de cambriolage après une soirée arrosée, fin 2010.
« Vous étiez avec qui pour ce cambriolage ?
– Je ne souhaite pas m’étendre sur ce sujet, répond doucement Abdeslam.
– Bah, je vais le dire. Vous étiez notamment avec Abdelhamid Abaaoud », le coordinateur des attaques parisiennes, l’ami d’enfance.
« J’étais juste sorti boire un verre, et je me suis retrouvé dans cette affaire. Ça m’a fait mal. » Licenciement, petits boulots – déménageur, magasinier, électricien –, coups de main au bar de son frère Brahim, chômage : « Je faisais du yoyo. »

Sourires et rires dans la salle

Il fut un temps où Salah Abdeslam buvait de l’alcool, jouait aux échecs, misait au casino, sortait en boîte de nuit : « Je suis né et j’ai grandi en Belgique, j’ai été à l’école publique, je vivais comme on m’avait appris à vivre en Occident. » « Comme tout le monde, dit-il encore, je voulais me marier et avoir des enfants. J’ai abandonné ce projet à partir du moment où je me suis investi pour faire autre chose. » Autre chose ? « Les affaires qu’on me reproche aujourd’hui. »
Le voilà à Fleury-Mérogis (Essonne), à l’isolement total depuis six ans. Il est surveillé vingt-quatre heures sur vingt-quatre par des caméras qu’il supporte « grâce à [son] seigneur », reçoit les visites de sa mère, de sa tante et de sa sœur,déambule deux heures par jour dans une cour d’où « on ne voit pas le ciel, tellement il y a de barreaux et de barbelés », et se morfond. « Des fois, pendant trois jours, je ne dis pas un mot. » Il aimerait étudier « le français, les mathématiques, tout », mais « on ne m’autorise pas à suivre des cours ».
Une assesseuse lui demande pourquoi il n’a fait aucune demande de mise en liberté depuis six ans. Il répond, avec un petit sourire : « Parce que c’est difficile d’imaginer que vous allez me lâcher », et la salle rit. Elle avait souri un peu plus tôt, lorsque, s’expliquant sur une condamnation à quatre mois de prison, au Maroc, pour des faits de violence, il avait soutenu qu’on l’avait accusé à tort, avant de conclure : « La justice, au Maroc, ça n’a rien à voir avec ici. »

« Je suis pas Jacques Mesrine »

L’air un peu perdu, le ton las, agrippé au micro, Mohamed Abrini, 36 ans, a lui aussi raconté une vie qui s’enfonce dans la médiocrité, malgré un entourage stable – père maçon qui « gagnait bien sa vie », famille nombreuse (sept enfants) « pas riche, mais pas pauvre non plus » –, et les ambitions qui s’évaporent vite, en classe comme sur les terrains de football : « Echec scolaire, échec sportif, échec et mat. »
Fin de l’école à 17 ans, premier passage en prison à « 17 ans et 359 jours » pour vol de voiture. Six autres condamnations pour vol avec effraction ou violence suivront, mais il dit : « Je ne crois pas être un voyou de grande envergure. Je suis pas Jacques Mesrine. »
Entre deux séjours en prison, Mohamed Abrini fait du nettoyage, de l’élagage, sert des hamburgers chez Quick, ouvre une sandwicherie « avec de l’argent sale », voyage beaucoup, brûle « jusqu’à 5 000 euros par jour » au jeu, prévoit de se marier : « Tout était prêt, la salle et le traiteur étaient payés, et puis j’ai été rattrapé. » Son petit frère a été tué en Syrie, apprend-il une semaine avant sa sortie de prison, en avril 2015. « Donc, quand je sors, j’ai plus envie de faire quoi que ce soit, à part aller en Syrie. » Il partira un mois plus tard.
Une avocate ne comprend pas qu’il n’ait pas honoré les efforts de ses parents, qui lui avaient payé une bonne école et chez qui il avait continué d’habiter.
« Ça ne vous pose pas problème par rapport à eux ?
– Bien sûr qu’ils sont déçus. Bien sûr que j’aurais tellement aimé rendre fier mon père. Nos parents ont tout fait pour qu’on réussisse dans la vie. Je sais pas comment vous répondre. »
Le quartier l’a tiré vers le bas, dit-il.
« Mais votre grand frère, il a réussi alors qu’il a grandi à Molenbeek ! rétorque le président.
– Si vous mettez dans la balance ceux qui ont raté et ceux qui ont réussi, on est sur du 80-20. Y en a qui ont raté, y en a qui ont réussi, et je fais partie de ceux qui n’ont pas réussi. »
L’atmosphère, mardi, était moins lourde que les jours précédents, mais dans l’air flottait quand même quelque chose de désespérant.

Lisetoct


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Message par Lisetoct Jeu 04 Nov 2021, 13:05

SOCIÉTÉ
PROCÈS DES ATTENTATS DU 13-NOVEMBRE
Au procès du 13-Novembre, l’aisance et les réponses subtiles de Mohamed Bakkali
Le Belge de 34 ans est soupçonné d’être l’un des logisticiens des attentats. Lors de son interrogatoire de personnalité, il a évoqué devant la cour son enfance dans « une famille unie », sa licence de sociologie passée en détention et son isolement carcéral.
Par Pascale Robert-Diard / Le Monde


L’intérêt s’est éveillé doucement, il est devenu de plus en plus vif, la curiosité s’est aiguisée et n’a fait que croître. A quoi cela tient-il ? Sans doute à l’aisance et à la subtilité de l’expression. A cette façon particulière d’écouter les questions, le visage à la fois concentré et ouvert, et au soin apporté à chacune des réponses. Mercredi 3 novembre, Mohamed Bakkali, 34 ans, soupçonné d’être l’un des logisticiens des attentats du 13 novembre 2015, a révélé une personnalité qui tranche d’ores et déjà avec celles des cinq premiers accusés appelés, comme lui, à dérouler le fil de leur biographie devant la cour d’assises spéciale de Paris.
Condamné à vingt-cinq ans de réclusion criminelle dans l’affaire du Thalys, où il est accusé d’avoir convoyé l’auteur principal de l’attentat, Ayoub El-Khazzani, et son donneur d’ordre, Abdelhamid Abaaoud, Mohamed Bakkali a toujours proclamé son innocence. Il a fait appel. « Votre casier judiciaire est donc vierge », relève le président, Jean-Louis Périès.
Mohamed Bakkali est né en 1987 à Verviers, en Belgique, de parents marocains qui ont immigré à la fin des années 1970. D’abord ouvrier dans une scierie, son père s’installe à son compte en ouvrant une carrosserie. La famille vit dans un pavillon à l’extérieur de la ville, avec un jardin. « Une famille unie, un bel endroit, dit Mohamed Bakkali. Je jouais au foot en club, il y avait la bibliothèque municipale, je lisais beaucoup. » A la maison, on parle berbère et les six enfants sont élevés dans le respect de la religion musulmane. « J’ai jamais bu d’alcool, jamais joué au casino », précise spontanément l’accusé, comme pour se distinguer de la jeunesse tourmentée de plusieurs de ses voisins de box, dont Salah Abdeslam.

Séjours au Caire et à Istanbul


Chaque été, la famille rejoint le village du Rif dont les parents sont originaires. De cette période heureuse qui dure jusqu’à ses 13 ans, il a, dit-il, « la nostalgie ». A l’adolescence, ses études deviennent un peu plus chaotiques.
« Que s’est-il passé ?, lui demande le président.
– Il ne doit pas forcément se passer quelque chose… »
Mohamed Bakkali décroche son bac professionnel et travaille à la carrosserie avec son père. « C’est là que j’ai commencé à apprendre l’arabe, pour parler avec les clients. » Il se lance parallèlement dans le recyclage des métaux, puis dans la contrefaçon. « Vêtements, montres, baskets, parfums, je vendais en demi-gros. » L’un de ses associés est alors Khalid El Bakraoui, qui commettra avec son frère Ibrahim les attentats-suicides du 22 mars 2016 dans le métro et à l’aéroport de Bruxelles.
Mohamed Bakkali se marie en 2010, il a 23 ans, devient père d’une petite fille et divorce deux ans plus tard. De cette époque de rupture sentimentale datent plusieurs épisodes qui intéressent au plus haut point l’accusation. Un séjour de six semaines au Caire à l’été 2012 – la destination était alors prisée par de nombreux islamistes sensibles au djihad – suivi dans la foulée d’un autre, plus court, à Istanbul. Du premier, l’accusé dit qu’il y est allé « pour se changer les idées après la séparation et prendre des cours d’arabe ». Du second, qu’il était destiné à « relancer la contrefaçon avec un ami qui avait un atelier ». En 2013, il se marie religieusement avec une lointaine cousine, s’installe à Bruxelles et s’inscrit dans un institut de langue arabe. Il est aujourd’hui père de trois enfants, dont une petite dernière, conçue lors d’un parloir familial en Belgique : « Ce n’était pas voulu. Mais je suis très heureux qu’elle soit là. »

« Laissez-moi répondre comme je le veux »

A l’un des procureurs qui voudrait en savoir plus sur les raisons qui ont entraîné son divorce, Mohamed Bakkali réplique courtoisement :
« Je sais où vous voulez en venir…
– Plutôt que de commenter mes questions, je vous demande d’y répondre.
– Laissez-moi répondre comme je le veux. Cette séparation n’était pas du tout pour des questions religieuses. On était jeunes tous les deux, ça s’est effrité. »
Le débat n’est qu’esquissé, il ne peut aller plus loin dans cet interrogatoire strictement réservé à la personnalité, l’engagement religieux des accusés relevant, comme dans tous les procès d’attentats islamistes, de la partie consacrée aux faits qui leur sont reprochés.
« Vous êtes décrit comme quelqu’un de tranquille, de calme, observe le président.
– C’est ce que j’étais. Je ne le suis plus, à cause de l’isolement. »

Sur ce sujet, Mohamed Bakkali a beaucoup réfléchi. Et il a des choses à dire. « Ce n’est pas pour me plaindre. Et ce que je vais dire n’est pas en opposition aec la souffrance des victimes. L’isolement, c’est être tout seul tout le temps. C’est être privé des contacts sociaux qui font de nous des êtres humains. Et à un moment donné, ça impacte sur notre psychisme. Sur le long terme, ça a des effets dévastateurs. »
« Regardez, poursuit-il, ce qui s’est passé avec [le] Covid, le confinement et le nombre de dépressions. Qu’on le veuille ou non, l’être humain est un être social. Si on lui enlève sa sociabilité, on lui enlève son humanité, c’est comme ça. »

« Je me sens comme un hamster »

Depuis le début du procès, quelques incidents l’ont opposé aux surveillants en détention, liés, dit-il, « à l’accumulation des contraintes de sécurité ». « Toutes ces contraintes, alors qu’on encaisse chaque jour toutes ces souffrances [des victimes], surtout quand on sait qu’on peut avoir une part de responsabilité dans ces souffrances et qu’on se retrouve face à ces surveillants qui font comme si de rien n’était, ça crée une tension. C’est un tel contraste entre ce qu’on vit et qu’ils ne peuvent pas toujours comprendre… »
Lui, dit-il, a appris à « s’adapter » à l’isolement carcéral. Il refuse désormais d’aller dans la cour de promenade qui lui est réservée – « Je me sens comme un hamster » – et pratique ses exercices sportifs dans sa cellule. Surtout, il a entrepris des études de sociologie et réussi sa licence. « A la base, je voulais faire de l’ethnologie. Pour découvrir les Berbères et mes origines. Et puis, j’ai découvert la sociologie. Ç’a été un plaisir et ça m’a permis de résister à ce que je vivais. »
Les avocats des parties civiles prennent leur tour d’interrogatoire, sous la vigilance du président, qui veille à ce que le fond du dossier ne soit pas abordé. Ainsi interrompt-il Me Daphné Pugliesi lorsqu’elle revient sur le voyage de Mohamed Bakkali en Egypte à l’été 2012 et relève qu’à la même date s’y trouvait Mohammed Merah, l’auteur des attentats de Toulouse et Montauban.
Son confrère, Me Gérard Chemla, s’en tient à des questions plus prudentes : « Si vous deviez résumer ce que vous a apporté la sociologie, que diriez-vous ? En trois phrases. » Mohamed Bakkali réfléchit quelques secondes et répond : « Ça m’a permis de complexifier ma notion des choses. » Il adresse un sourire à l’avocat : « En une phrase. » Puis il ajoute : « J’étais en train d’apprendre ce que je ne vivais plus. »

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Message par Kassandra88 Sam 06 Nov 2021, 08:44

Il y a 10 ans, Charlie Hebdo était visé par une attaque… et lâché par quelques "intellectuels"
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Message par ruth Sam 06 Nov 2021, 09:53



Ce que disaient de cet incendie criminel Charb, Riss et Luz, il y a 10 ans

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" Passer pour un idiot aux yeux d'un imbécile
est une volupté de fin gourmet." -   
G. COURTELINE

ruth


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Message par ruth Mer 10 Nov 2021, 13:02

Deux jours seulement de procès cette semaine (jour férié et proximité du 13 novembre)

Après deux fonctionnaires de la DGSI hier pour un panorama très complet du terrorisme islamiste, la cour entendra F. Hollande.
Dès l'ouverture du procès, S. Abdeslam avait osé justifier ses actes par l'intervention en Syrie. De même que les terroristes présents sur place.

Sera également entendu G. Kepel, sociologue spécialiste de l'islamisme

NB : La défense s'oppose à ces auditions, comme à celles d'autres témoins comme G. Fenech.

Live-tweets du procès par Charlotte Piret/Sophie Parmentier, Guillaume Auda, Hélène Sergent, Aurélie Sarrot)

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