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Message par Mike68 Sam 25 Sep 2021, 09:28

JM a écrit:
Lisetoct à écrit :
Et pourtant, de manière subliminale, l’organisation va trahir la présence d’un dixième homme    . » Il a sans doute fallu aux enquêteurs des heures passées devant ce film pour relever ce lapsus dans la bande-son des frères Clain : « Dix lions se révoltèrent, Charonne, Bichat, Voltaire… »



Si ce dixième homme tue des citoyens. . .Je me demande ce que diront les
enquêteurs aux familles endeuillées, comment justifieront ils le fait de ne pas avoir torturé Salah Abdeslam, ou son père, ou sa mère, (tout deux au courant du fanatisme de leurs fils !)pour connaitre son identité et empêché la tuerie. De qui se fout on ?


Cordialement,

Bonjour JM , on invoquera les "Droits de l'Homme" - Tu sais , on a perdu la bataille depuis un bon moment déjà....
Avec ces individus , il faut être dur et sans pitié - Eux ne respectent rien , pourquoi faudrait-il que nous , nous
fassions des efforts ? ce procès - dont je saisis évidemment l'importance pour les victimes - est à double tranchant ,
car il donne aussi une superbe tribune à ces salopards...
Mike68
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Message par JM Sam 25 Sep 2021, 09:46

Mike à écrit :

onjour JM , on invoquera les "Droits de l'Homme"

T'as raison, je vois d'ici les bien pensants qui ne connaissent rien de la vie que leur série télé et les assistantes sociale en train de s'indigner.

Je ne sais pas si les droits de l'homme peuvent intervenir dans les décisions d'un état en guerre ? Car la guerre nous est déclarée.


Cordialement

JM


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Message par Mike68 Sam 25 Sep 2021, 11:10

JM a écrit:
Mike à écrit :

onjour JM , on invoquera les "Droits de l'Homme"

T'as raison, je vois d'ici les bien pensants qui ne connaissent rien de la vie que leur série télé et les assistantes sociale en train de s'indigner.

Je ne sais pas si les droits de l'homme peuvent intervenir dans les décisions d'un état en guerre ? Car la guerre nous est déclarée.


Cordialement

Dans certains cas , les droits de l'Homme deviennent accessoires , secondaires      Smile - Lorsque par exemple François Hollande envoie
ses Forces Spéciales dégommer plusieurs chefs de l'EI en Syrie , après les événements du 13 Novembre..... - Personne ne s'en est offusqué
- Quelle hypocrisie - A situation extrême , exceptionnelle , réponse exceptionnelle - c'est du bon sens.
Mike68
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Message par JM Sam 25 Sep 2021, 12:09


Mike à écrit :

c'est du bon sens.

du bon sens, de la protection, de la survie.



Cordialement,

JM


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Message par Lisetoct Lun 27 Sep 2021, 19:33

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Message par ruth Mer 29 Sep 2021, 19:15

Le Figaro propose tous les jours un direct des audiences du procès des attentats du 13 novembre.

Depuis ce début de semaine, les témoignages des parties civiles du Stade de France et des terrasses.
Suivront celles du Bataclan.
Ces auditions des victimes directes et indirectes sont prévues pour plusieurs semaines.

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est une volupté de fin gourmet." -   
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Message par ruth Jeu 30 Sep 2021, 20:12

Très bon direct sur TW aussi d'Aurélie Sarrot

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Message par Lisetoct Jeu 30 Sep 2021, 22:24

ATTENTATS DU 13-NOVEMBRE
Au procès du 13-Novembre : face à une victime musulmane, les justifications de Salah Abdeslam
L’accusé a qualifié d’« accident » la mort de victimes de confession musulmane le soir des attentats. « On ne vise pas les musulmans, on ne vise que les mécréants », a-t-il insisté.
Par Soren Seelow


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Voilà trois jours que les rescapés du Stade de France et des terrasses de cafés parisiennes se succèdent à la barre pour raconter les chairs dilacérées, les amours brisés, les enfants traumatisés et ressusciter le souvenir des morts. Trois jours que les observateurs du procès du 13-Novembre se demandent comment les quatorze accusés, silencieux et masqués, vivent les récits de ces anonymes que la terreur a frappés aveuglément.
Jeudi 30 septembre, on a eu un premier élément de réponse. Il est arrivé, sans grande surprise, de l’accusé le plus volubile, Salah Abdeslam. Et c’est le témoignage d’une femme de confession musulmane, Aminata Diakite, dont la sœur Asta a été tuée devant le bar Le Carrillon, qui a provoqué la réaction du seul membre encore en vie des commandos : « Ceux qui ont fait ça ne sont pas des musulmans, notre islam à nous nous interdit de tuer », avait lâché la jeune femme à la barre. Elle n’est pas la première à tenir ce discours : sur la quarantaine de parties civiles qui se sont exprimées depuis mardi, cinq ont tenu à préciser qu’ils étaient de confession musulmane pour distinguer leur foi de l’idéologie djihadiste.
Aminata Diakite est encore à la barre quand Salah Abdeslam manifeste son désir de prendre la parole. C’est au président, Jean-Louis Périès, de la lui accorder en allumant son micro s’il le juge utile. Il hésite : « Ce n’est pas le moment. Je ne suis pas sûr que les parties civiles souhaitent avoir votre témoignage à cet instant précis, ou alors pour avoir des mots un peu moins provocateurs que ceux que vous avez tenus jusqu’à présent. Que je ne sois pas obligé de vous couper le micro », prévient-il.
« C’est pas pour être provocateur, en tout cas pas plus provocateur que les personnes qui se sont exprimées hier », répond Salah Abdeslam. La veille, un rescapé du Carillon avait qualifié les accusés de « racailles » et de « minables petits démons ».
– « Vous étiez le premier à provoquer, Monsieur », rétorque le président, lui rappelant ses propos tenus dix jours plus tôt, juste après la diffusion de vidéos de la fusillade de la Belle Equipe, qui a fait 21 morts : « Ces terroristes, ce sont mes frères ».

« On ne vise que les mécréants »

Le micro est allumé. Salah Abdeslam déroule son propos : « Les victimes qui se sont exprimées à l’instant se sont revendiquées de l’islam. Ce que je vais dire ne va pas plaire à tout le monde, mais nous visons les mécréants. Si nous avons touché des musulmans, ce n’était pas notre intention. J’entends que beaucoup de gens souffrent, j’entends les victimes s’exprimer, je ne doute pas que ce sont des bonnes personnes, qu’ils ont des qualités, etc. Mais il y a beaucoup de victimes de notre coté aussi, en Syrie, en Irak (…) qui ont été touchées par les frappes de la coalition. »
Le président le coupe : « Ce sera plus tard, vous l’avez déjà dit ». L’accusé reprend : « C’est juste pour dire à ces deux victimes que nous, on n’a pas visé les musulmans, et que si votre sœur était musulmane et qu’elle est décédée, c’était un accident de notre part. » Un murmure de protestations monte dans la salle. « Un accident ? », répète le président. « Attendez… pas un accident. On ne vise pas les musulmans, on ne vise que les mécréants », corrige Salah Abdeslam. « Et merci pour les non-musulmans », réagit le président. « Mais en France, y en a plein des musulmans, intervient Aminata Diakite. Quand vous attaquez un lieu, vous ne pouvez pas savoir si y a des musulmans ou pas ! »

« Compassion »

Cette nouvelle sortie de Salah Abdeslam diffère sensiblement de la première tentative de justification qu’il avait faite au début du procès. Le 15 septembre, il avait présenté les attentats du 13-Novembre comme une réponse aux bombardements de la coalition, dans un argumentaire dont était absente toute référence religieuse : « On a visé la France, et rien d’autre. Parce que les avions français (...) bombardent l’Etat islamique (…) François Hollande dit que nous combattons la France pour vos valeurs. C’est un mensonge manifeste ».
En distinguant cette fois les « mécréants » des Français de confession musulmane, l’accusé brouille le message purement politique qu’il portait deux semaines plus tôt. Sans doute le public qu’il vise n’est-il pas le même. Les groupes djihadistes convoquent traditionnellement le « djihad défensif » (la protection d’un territoire musulman attaqué) lorsqu’ils s’adressent aux populations ennemies visées par leurs attentats. Mais lorsqu’il s’agit de justifier le meurtre de musulmans devant l’opinion musulmane, l’argumentaire glisse sur la distinction entre « mécréants » et victimes collatérales, les fameux « accidents » de Salah Abdeslam.
Les propos de Salah Abdeslam ont, pour la première fois depuis le début de ce procès, fait réagir un des accusés qui partagent son box. Yassine Atar, petit frère du commanditaire présumé des attentats du 13-Novembre, demande à son tour la parole : « Je suis extrêmement peiné par ce que j’entends depuis hier, j’ai pas dormi de la nuit, surtout avec le témoignage de Maya par exemple. Je veux que les gens sachent qu’il y peut y avoir des gens dans ce box qui sont extrêmement peinés par chaque témoignage. On est des êtres humains. Je prends la parole pour condamner avec la plus grande fermeté ces atrocités, et je demande aux victimes de me permettre de leur faire part de ma plus grande compassion. » Il est le seul à avoir tenté, jeudi, de se dégager de l’ombre envahissante du principal accusé de ce procès.

Lisetoct


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Message par Lisetoct Mer 06 Oct 2021, 09:06

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Message par ruth Mer 06 Oct 2021, 16:08

Après les parties civiles du stade dé France et des terrasses, on entend à partir d' aujourd'hui celles du Bataclan.

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Message par Lisetoct Jeu 07 Oct 2021, 09:18

PROCÈS DES ATTENTATS DU 13-NOVEMBRE
« C’est difficile d’expliquer ce que c’est de croiser la mort » : au procès du 13-Novembre, Clarisse, Edith et Bruno, trois rescapés du Bataclan
Cachés sous un siège ou dans une salle technique, ils ont survécu aux terroristes. Devant la cour d’assises spéciale de Paris, m
ercredi, ils ont témoigné des moments de solidarité malgré l’horreur de l’attaque.
Par Pascale Robert-Diard


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Clarisse, retenez ce prénom. Celle qui le porte a de grands yeux d’un bleu limpide. Elle a noué ses cheveux à la va-vite dans un chignon qui lui fait comme une drôle de pelote vacillante sur le sommet du crâne. Clarisse a 30 ans, elle est la cinquième rescapée du Bataclan à témoigner, mardi 6 octobre, devant la cour d’assises spéciale de Paris.
Elle dit : « C’est difficile de retranscrire, d’expliquer ce que c’est de croiser la mort. Je vais essayer. »Elle commence à raconter et on ne lâche plus la Clarisse de 24 ans qui vient de terminer ses études, n’a pas encore trouvé du travail et entre, ce vendredi 13 novembre 2015, dans la fosse du Bataclan. « Avec ma meilleure amie, on est des inconditionnelles de rock. Comme d’habitude, on rejoint la fosse côté droit. A chaque concert, c’est notre lieu. »

La petite fiole de whisky qu’elle a passée en douce sous le manteau – « c’est le système D des étudiants fauchés » – circule de main en main. Clarisse regarde les visages autour d’elle, elle a toujours aimé ça, regarder les visages ; elle ne voit que des gens heureux, elle danse, il commence à faire chaud, elle retire sa veste.
La fiole est déjà vide, les filles ont envie de boire encore – « le rock, c’est de la musique et des bonnes bières fraîches » – ; elles attendent que le groupe entame « une chanson un peu longue, pas terrible », Kiss the Devil, pour aller se ravitailler. Au bar, la pinte est trop chère, il faut ruser, elles plaisantent avec le videur, lui disent qu’elles vont chercher de l’argent au distributeur pour qu’il accepte de leur mettre un tampon sur la main, elles ont prévu de filer à la supérette du coin.

« Je me dis quelle mort de merde dans une loge en placo ! »

Il est 21 h 47, elles sont dans le vestiaire, « un bruit assourdissant déchire le silence de la rue », le videur a un mouvement de recul, « ça tire une, deux, trois, quatre fois. Ils sont juste là. Notre seule issue, c’est de retourner dans la salle ». Elles se séparent, Clarisse court vers la droite de la fosse. « Le concert bat son plein, je pousse des gens, je crois que je dis “ça tire” mais je ne suis pas sûre que le son sort de ma bouche, je regarde la scène et je vois le guitariste jeter sa guitare, tout le monde se met au sol, ça tire en rafales de tous les côtés. J’attends de me faire tirer dans le dos. Et je me demande : est-ce que ça va faire mal ? A plat ventre, je pense à ma famille et je me dis que je ne peux pas leur faire ça. J’attends qu’ils rechargent. »
Clarisse aperçoit une porte de secours, s’en approche, d’autres personnes la suivent. « Elle est bloquée. On tape, on tape et la porte s’ouvre sur un videur complètement éberlué. Je suis en tête. On monte un étage, puis un deuxième, je fonce vers la loge, une vieille loge en placoplatre. On est une cinquantaine. On est piégés. Je me dis quelle mort de merde dans une loge en placo ! » Au fond, des toilettes. « Et là, j’ai un flash de GoldenEye de James Bond. Je me mets à défoncer le plafond à coups de poing. »

Le plafond cède, un homme l’aide à se hisser. « J’arrache comme une folle la laine de verre, il y a des fils électriques partout, je me dis que finalement, je vais mourir électrocutée. » Toujours en tête, elle rampe, montre le chemin aux autres. « J’arrive dans une salle d’aération, je peux me mettre debout sur une tige en métal. » Un autre rescapé, Patrick, s’est déjà réfugié là. « Il avait l’âge de mon père, il lui ressemblait. J’étais presque rassurée. Je lui ai demandé : “Est-ce que tu pourras me serrer dans tes bras quand ils arriveront ?” »
Le souffle d’une explosion fait tout trembler autour d’eux. Puis au bout de quelques minutes, ils comprennent que le Bataclan est en train d’être évacué. Avec son téléphone, Patrick parvient à joindre la police et guide la brigade de recherche et d’intervention (BRI) jusqu’à leur cachette. Il est 1 h 30 du matin, Clarisse et ceux qui l’ont suivie seront les derniers à être évacués. « Ma mission, c’était de survivre », dit-elle.

« Un téléphone qui sonne, un tir. Une supplication, un tir »

Le bleu limpide de ses grands yeux se voile. Une Clarisse de 30 ans raconte la suite : « La descente aux enfers a commencé après. J’ai eu des conduites à risque, j’ai abusé de l’alcool, je me suis séparée. » Elle s’adresse aux accusés. « Vous m’avez volé le plaisir des soirées insouciantes. Le plaisir d’aller au ciné, de marcher dans la rue sans paniquer. De vivre sans angoisse. Tout simplement. »
Le président du tribunal Jean-Louis Périès la regarde avec douceur.
« Vous avez conscience que vous avez sauvé plusieurs personnes ?
– C’est ce qu’on me dit.
– Je tiens à vous le dire aussi. Des gens comme vous en ont sauvé beaucoup d’autres. »


La journée était déjà bien avancée quand un solide gaillard s’est approché de la barre. Il décline son nom et son prénom, Bruno.
« Alors vous êtes LE Bruno ? », lui demande le président.
Dans la salle d’audience, on est tous heureux de le voir.
Juste avant lui, il y avait eu Edith. Edith qui voulait tant sourire mais qui tremblait si fort qu’on se demandait comment elle tenait debout, Edith qui s’accrochait parce qu’elle voulait témoigner de la « chance inouïe » qu’elle avait eue de sortir du Bataclan « indemne physiquement ». Quand les premiers tirs ont retenti, elle était près du bar, avec une amie. Elle a couru vers l’escalier, est montée jusqu’au premier balcon et s’est glissée derrière la travée du fond. « Il y avait un homme. Il m’a cachée sous le siège. »
Elle ne savait pas encore qu’il s’appelait Bruno. Il était monté à l’étage au début du concert avec son copain Steve et le fils de celui-ci, âgé de 10 ans. « On était là, tranquille, on était bien placés. » Il s’est plaqué au sol dès qu’il a entendu les tirs. « J’avais un tee-shirt blanc, je faisais 120 kg, j’étais une belle cible. » Il voit arriver Edith. « N’y voyez pas une posture de héros. Mais je me suis mis à genoux, dos à Edith. Je me suis dit : s’ils tirent, peut-être qu’au moins, ça la protégera… »


Couchée en position fœtale, derrière cet homme qui la dissimule du mieux qu’il peut, Edith sent d’abord « l’odeur monter. L’odeur de la poudre et l’odeur ferreuse du sang. Puis les hurlements, les cris de douleur. J’assiste à la tuerie par l’ouïe, en attendant la mort. Les tirs ralentissent. Les tirs reprennent. Coup par coup. Un cri, un tir. Un téléphone qui sonne, un tir. Une supplication, un tir. J’écrase contre ma poitrine mon téléphone qui vibre. La porte s’ouvre. Quelqu’un rentre très calmement. Je vois ses baskets blanches. Il est à trois, quatre mètres ».

« C’est la première fois que je suis content de voir des flics »

Bruno le voit lui aussi. « Je me suis dit, “Tiens, il est cool lui, il a l’air tranquille.” Et puis il a levé son bras, il avait une arme. » Ismaël Omar Mostefaï tire depuis le balcon en direction de la fosse. Quelques secondes plus tard, sur la scène, Samy Amimour déclenche son gilet explosif. Le souffle de l’explosion soulève Bruno et Edith. « On est aspergés de matière organique. Il n’y a plus de cris, plus de pleurs, il y a juste les téléphones qui sonnent, raconte Edith. Je pense tout d’un coup qu’il n’y a plus de lait dans le frigo et que je n’ai pas payé la facture de cantine de ma fille. » Mostefaï s’éloigne et rejoint le troisième terroriste au bout du couloir, derrière une porte, avec les otages.
Caché un peu plus loin avec son fils, l’ami de Bruno se lève pour aller se cacher dans les toilettes et lui dit de le suivre. Bruno veut emmener Edith.
« Je ne peux pas bouger, lui dit-elle.
– Ok, je reste.  »
« Et Bruno est resté avec moi. Une illustre inconnue. Chapeau bas, Bruno. »
Ils assistent ensemble à l’arrivée des hommes de la BRI. « C’est la première fois que je suis content de voir des flics », leur dit Bruno. Les policiers leur demandent de soulever leur tee-shirt pour s’assurer qu’ils ne sont pas porteurs de bombes, puis ils les guident jusqu’au rez-de-chaussée. « Ne regardez pas », préviennent-ils.
Bruno porte le fils de son ami Steve et lui met sa capuche devant les yeux. Edith ne peut pas s’empêcher de regarder. « La mare de sang, elle est épaisse, elle est noire… Le volume… Le volume de tous ces corps enchevêtrés qui, juste avant, étaient en train de boire un coup et de danser. On essaie de les enjamber mais on ne peut pas. Des fois, on leur marche dessus. » Elle entend un policier médecin crier en direction de la salle : « Les valides, levez-vous. » « Et personne ne s’est levé. »

« Je crois pas qu’on puisse guérir »


La progression continue, en file indienne. « On passe par le sas, on est à nouveau fouillé et là, sur ma gauche, il y a le corps d’une jeune femme blonde, ravissante, elle avait juste les membres qui n’étaient pas dans le bon sens. » Un policier lui dit : « Avancez, il n’y a plus rien à faire ». Edith lève ses deux mains devant ses yeux, son corps tremble toujours plus fort. « C’est fou, c’est fou. Je crois pas qu’on puisse guérir. »
Bruno dit simplement : « On est rentré à trois, on est sorti à quatre. C’est que du positif. »
Dix autres rescapés du Bataclan ont déjà témoigné. Plus de deux cents autres sont à venir. Dans le flot suffocant de terreur et de détresse qui se déverse chaque jourdans la cour d’assises, on est souvent tenté de s’enfuir. Alors on se raccroche à l’instinct de survie de Clarisse, au sourire tremblant d’Edith et à l’humble vaillance de Bruno.

Lisetoct


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Message par ruth Jeu 07 Oct 2021, 12:57

On peut aussi suivre les directs de Charlotte Pirer [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

Attention ! Contenu sensible
Ils sont beaucoup plus détaillés que ceux d'A. Sarrot et donnent des informations très crues, sur le déroulement des attentats.

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Message par Lisetoct Sam 09 Oct 2021, 05:22

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PROCÈS DES ATTENTATS DU 13-NOVEMBRE
« Je me sens comme un patchwork, raboutée de partout » : au procès du 13-Novembre, les mots de Gaëlle, « gueule cassée » du Bataclan
Jeudi, devant la cour d’assises spéciale de Paris, Gaëlle, 40 ans, a rendu hommage à son compagnon, mort dans l’attentat, puis a lu un texte éprouvant, le récit des séquelles physiques et des affres de la reconstruction sans fin.
Par Henri Seckel



Une grande femme élégante arrive à la barre, jeudi 7 octobre, ôte son masque et dévoile son visage rafistolé. Son chemisier blanc à manches courtes laisse apparaître quatre cicatrices imposantes au bras gauche. On a beaucoup parlé des dégâts d’une balle de kalachnikov depuis le début du procès. Cette fois, on les voit.
Pendant vingt minutes, d’une petite voix légèrement déformée par sa bouche qui l’est aussi, Gaëlle, 40 ans, lit un texte éprouvant, le récit des séquelles physiques et des affres de la reconstruction sans fin. Philippe Lançon et son Lambeau (Gallimard, 2018) ne sont pas loin. On se souviendra de ce moment d’audience.
Gaëlle rend d’abord hommage à Mathieu, son compagnon de l’époque, mort à ses côtés au Bataclan. Puis elle déroule la soirée, l’arrivée au concert, la première bière, les premiers tirs, le mouvement de foule, et les deux heures passées sur le sol ensanglanté du Bataclan.
Verbatim. « J’ai réalisé que j’avais été grièvement blessée en voulant retirer de mon visage la chaussure d’une personne au-dessus de moi. En tentant de l’écarter, j’ai découvert que ma joue était entièrement détachée de la partie gauche de mon visage et pendait le long de mon cou. Ma main droite s’est enfoncée à l’intérieur de ma bouche pour retirerles dents déchiquetées, pour que je ne les avale pas, car cela me faisait tousser et risquait d’attirer l’attention d’un terroriste. J’ai également réalisé que le gros morceau blanc et rouge dressé sur mon ventre était en fait l’os de mon bras gauche, sorti à la perpendiculaire. (…)
J’ai été extraite du Bataclan, puis le SAMU m’a prise en charge. Le trajet vers l’hôpital m’a semblé interminable. Une fois arrivée à la Pitié Salpêtrière, j’ai le souvenir d’un long défilé de couloirs et de personnes qui, en croisant mon brancard, s’exclamaient : “Oh mon dieu !” J’ai été opérée à deux reprises, cette nuit-là. J’apprendrais plus tard que le jeune chirurgien qui a stabilisé mon bras, et qui a décidé de m’orienter en priorité vers une autre équipe chirurgicale pour sauver mon visage, était un ami d’enfance. Il ne m’avait pas vue depuis quinze ans, il ne m’a pas reconnue.
Article réservé à nos abonnés Lire aussi  « C’est difficile d’expliquer ce que c’est de croiser la mort » : au procès du 13-Novembre, Clarisse, Edith et Bruno, trois rescapés du Bataclan
Le réveil en réanimation a été terrible. Je n’avais plus aucun repère si ce n’est lebip des machines qui me maintenaient en vie. Un médecin m’a demandé si je pouvais lui communiquer un numéro de téléphone par pression de ma main sur la sienne, pour tenter de joindre mes proches. J’ai réussi chiffre par chiffre à indiquer le portable de mon père. On était samedi soir, ma famille me cherchait depuis plus de vingt-quatre heures, je n’avais pas été identifiée.
Une anesthésiste qui s’est occupée de moi cette nuit-là, sous le choc elle aussi, m’a prise en photo. Bien plus tard, elle a retrouvé ma trace grâce à un événement organisé à la Pitié Salpêtrière, intitulé “Refiguration : réparer des visages pour reconstruire des vies”. Je me suis demandé s’il fallait projeter cette photo aujourd’hui, mais les terroristes auraient trop apprécié. Et, surtout, à quoi bon ? Celle-ci me sert juste à mesurer le chemin chirurgical parcouru, et les prouesses médicales. Cette photo est le point de départ de ma nouvelle vie.

« Quarante interventions »

Depuis ce jour-là, je me sens comme un patchwork, raboutée de partout. Quand je me lave le visage, je me dis que je suis, en fait, en train de laver ma jambe. Seule ma jambe gauche, mon dos et mon bras droit n’ont pas de cicatrices. Mon parcours chirurgical se résume en quarante interventions, dont une aussi méticuleuse qu’audacieuse pour réparer ma face fracassée. Tous les tissus ont été lésés : la peau et les muqueuses étaient brûlées, les muscles arrachés, l’os de ma mâchoire et mes dents délabrés.
Le premier mot du chirurgien à mon réveil a été : “Vous êtes ce que l’on appelle une gueule cassée.” J’ai alors réalisé que j’étais une victime de guerre, entre Bastille et République. C’est grâce aux blessures des soldats de la première guerre mondiale que les chirurgiens ont réussi à me réparer, pour que je puisse aujourd’hui déglutir, mâcher, boire, parler, respirer.
En janvier 2016, durant plus de dix heures, ils ont œuvré pour remplacer ma mâchoire disparue par mon péroné, la peau et la muqueuse de ma bouche par celle de ma jambe droite, et vasculariser le tout en reconnectant une artère à mon cou pour que ce nouvel ensemble prenne vie. Ils m’ont redonné une figure, humaine, même si l’équipe avait pris soin de scotcher un champ opératoire sur les miroirs de la salle de bains pour éviter de me confronter à ma gueule qu’ils qualifiaient de “cassée”.
Ne pouvant plus parler, je communiquais avec une ardoise et un feutre. J’ai dû apprendre à écrire de l’autre main, car je suis gauchère et mon bras gauche était hors service. Mon bras a reçu une balle dans le coude et a été reconstitué avec les os de mon bassin. Il a recassé à plusieurs reprises, notamment quand j’ai voulu, trois ans après, couper moi-même une pommede terre pour me faire une purée. Il a perdu 50 % de ses capacités fonctionnelles, mais il a le mérite d’être là et de bien me servir, même s’il a l’allure d’un bras de pirate, comme les enfants s’amusent à me dire.

« Tout réapprendre »


A ma sortie d’hôpital, j’ai dû retourner vivre chez mes parents pendant presque un an. Ma grand-mère a quitté sa Bretagne pour venir les aider. J’ai dû tout réapprendre, même à marcher. Ils me nourrissaient à l’aide d’une seringue dans ma gastrostomie, un dispositif directement branché à mon estomac durant le temps de reconstruction de ma bouche. Puis, à l’aide d’une cuillère, ils ont passé des heures à me faire ingérer millilitre par millilitre des liquides épaissis.
Saturant du ballet des infirmiers à domicile, ma mère s’est chargée de ma toilette et de tous mes soins personnels durant de longs mois. Mes parents ont, en plus de leur vie personnelle et professionnelle, géré mon fils de 7 ans, jeune témoin de cette nouvelle vie rythmée par ces soins, les aides techniques et les pansements stériles.
Difficile de résumer six ans de péripéties. Trachéotomie, fixateur externe, gastrostomie, VAC pour accélérer la cicatrisation, greffes et autogreffes en tous genres, antibiothérapies, expandeur de peau, injections, prothèses dentaires, infections, maladies nosocomiales, complications. Des centaines d’allers-retours à la Pitié, des hospitalisations à domicile, des ambulatoires, de nombreux passages aux urgences, des expertises, une opération en moyenne tous les deux àtrois mois, à peine le temps de récupérer de la précédente, le centre de rééducation.
Aujourd’hui, je sors la tête de l’eau, mais je suis fatiguée, je sature, j’espace autant que possible les interventions encore au programme. J’ai été opérée pour la 40e fois fin août, et j’ai fêté mes 40 ans cette semaine. J’espère ne pas faire le même décompte le jour de mes 70 ans.

« Je suis debout »

Je suis debout, même si beaucoup de difficultés ne se voient pas. Mon péroné qui joue aujourd’hui le rôle de mandibule est fracturé depuis plusieurs mois, car il ne supporte pas bien sa nouvelle fonction. Il faut que je repasse au bloc pour le consolider, cette fois avec une greffe d’os pariétal, c’est-à-dire de mon crâne. C’est sans fin. Les chirurgiens continuent les greffes de cellules souches, et autres techniques de pointe, pour effacer mes cicatrices, redonner du volume et de la mobilité à mon visage, tenter de me faire retrouver mes expressions, et surtout atténuer mes douleurs.
J’ai des rêves simples, comme croquer dans un gros hamburger sans me poser de questions, croquer dans une pomme sans risque, boire mon café sans que la moitié ne dégouline à côté, ou embrasser sans avoir peur de faire peur ou de dégoûter. Je me bats pour me reconstruire, j’y parviens grâce à mes parents, ma sœur, mon frère, ma famille et mes amis.
J’ai retrouvé plusieurs de mes soignants de cette nuit-là : Cédric, Lucie, Florence, Elodie, Romain, Diane, Nico et j’en oublie. Je partage le cauchemar de la nuit du 13 avec eux, mais aussi bien d’autres choses. Certains sont devenus des amis, on seretrouve en terrasse à Paris dès que nos emplois du temps le permettent.
On m’a expliqué que j’aurai des interventions et un suivi médical à vie. J’apprends donc à vivre avec le regard des autres, avec mon bras diminué, ma jambe amputée de mon péroné, mais j’estime que je n’ai pas le droit de me plaindre. Je travaille à transformer mes handicaps en force et j’avance comme je peux, je n’ai pas le choix, et je souhaite secrètement que mon fils soit fier de sa maman “toute cassée”, comme il dit souvent.
Il me questionne beaucoup, et je n’ai pas vraiment de réponses à lui apporter. Il m’en veut d’être sortie ce soir-là, alors je culpabilise. Il s’agace du regard insistant des gens sur mon visage de travers. Il est très méfiant dans beaucoup de situations du quotidien. Il ne grandit malheureusement pas dans l’insouciance que j’ai pu connaître à son âge, et j’ai beaucoup de mal à mesurer les conséquences de ce traumatisme sur sa vie future. Face à tout cela, je me sens impuissante, alors j’écoute ce que me dicte mon cœur, et j’improvise. »

Lisetoct


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Message par Lisetoct Sam 09 Oct 2021, 10:03

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Message par Tristann Sam 09 Oct 2021, 14:40

Fort avec les faibles, faible avec les forts.. La justice française dans toute sa splendeur..

Pauvre France va !..

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Il n'y a pas de gens fidèles, c'est juste les occasions qui manquent
Tristann
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Message par Kassandra88 Dim 10 Oct 2021, 13:07


Paris : un pilote arrêté après avoir émis le désir de crasher son avion sur la cathédrale Notre-Dame,

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Message par Tristann Mar 12 Oct 2021, 20:17

«Il me dit : toi, tu es avec nous, lève-toi»... l’incroyable face à face entre Guillaume et l’un des terroristes du Bataclan
Au procès des attentats du 13 Novembre où se poursuivent les témoignages poignants de rescapés de l’attaque de la salle de concerts parisienne, un jeune homme a raconté ce mardi son échange incongru avec Samy Amimour, au milieu des cadavres.

Une scène, des dialogues avec un terroriste et un homme providentiel qui surgit pour mettre un terme à une probable exécution. La séquence décrite, ce mardi 12 octobre, par Guillaume, à la barre de la Cour d’assises spécialement composée au procès des attentats du 13 novembre 2015, digne d’un film d’action, semble irréelle.

Avec un surprenant détachement, ce jeune homme au look très sage, alors âgé de 21 ans, a raconté son face-à-face avec Samy Amimour, l’un des trois membres du commando du Bataclan. C’est lui le spectateur que l’assaillant tenait en joue lorsqu’un commissaire de la BAC et son équipier ont pénétré dans la salle avant de faire mouche sur le terroriste. « Sans eux, je ne serais probablement pas ici », commence Guillaume, manteau bleu marine sur chemise blanche.

« Amimour me dit : aide ce fils de pute à se relever, on va regarder s’il est mort. Il semblait improviser sur la façon dont j’allais être utilisé »
Guillaume, rescapé du Bataclan
Ce soir-là, lorsque les premiers tirs résonnent dans la salle de concerts parisienne, l’ancien étudiant en reconversion professionnelle comprend très vite qu’il s’agit d’un attentat. Il se réfugie sous un amas de carton, se rapproche de la scène en espérant atteindre l’issue de secours, et entend deux des terroristes déclamer leurs revendications sur la politique de la France, et de François Hollande en particulier, en Syrie et en Irak.

Puis son regard croise celui du troisième homme. « Il me fait signe qu’il ne me tuera pas, du moins pas maintenant », retrace Guillaume, marqué par l’attitude « nonchalante » avec lequel l’homme qui lui fait face — Samy Amimour — tient son arme par la crosse. « C’était comme s’il tenait un jouet, alors qu’on aurait pu s’attendre à une posture plus professionnelle », précise le jeune homme qui, durant l’instruction, a même confié au juge avoir d’abord cru à une blague.

Alors que les trois hommes ont déjà tiré plusieurs rafales sur la foule compacte, Samy Amimour engage la conversation : « Il me regarde et me dit : Toi, tu es avec nous, lève-toi. Je reste sur place une petite seconde, il commence à s’exciter : Lève-toi, sinon je te tire une balle dans la tête. Je me lève, il me demande de venir avec lui sur la scène. Je suis les mains en l’air et je vois l’étendue des dégâts… » Son interlocuteur lui demande d’aller au chevet d’un spectateur plus âgé accroupi dans la fosse. « Il me dit : Aide ce fils de pute à se relever, on va regarder s’il est mort. Il semblait improviser sur la façon dont j’allais être utilisé », poursuit Guillaume, qui confiera aux enquêteurs avoir été surpris par le langage familier et grossier des assassins.

Cette étrange situation ne semble pas du goût d’un second terroriste réfugié sur le balcon. « Il m’interpelle : et toi, qu’est-ce que tu fais là ? Il était surpris de me voir sur scène. Amimour lui a répondu : C’est bon, il est avec nous, retranscrit Guillaume. Mais l’homme au balcon me dit : Je vais te tirer une balle dans la tête, couche-toi, qu’est-ce que tu fais là ? Je lui réponds : Je suis avec vous. C’était ma façon d’apaiser un peu son excitation. » Il décrit, en revanche, un Samy Amimour très détendu.

Figé sur la scène, Guillaume aperçoit deux ombres se détacher au fond de la salle qu’il identifie très vite comme des policiers. Sans se poser de questions, dépourvus de matériel de protection, un commissaire de la BAC et son équipier sont rentrés dans le Bataclan douze minutes après le début de la tuerie. L’étudiant constate qu’ils tirent aussitôt en direction de l’homme qui le menace de son fusil d’assaut. « J’ai profité de cette fenêtre pour sauter et sortir de la salle, confie-t-il. J’ai entendu une grande explosion et j’ai senti le souffle sur ma jambe. J’ai appris plus tard qu’il avait actionné son gilet. Je pensais que c’était le terroriste du balcon qui avait riposté avec une grenade. »

« Il pointait son arme sur les gens allongés par terre et il tirait. J’entendais son souffle derrière moi »
Jérôme, rescapé du Bataclan
Avant Guillaume, d’autres rescapés avaient décrit à la barre des terroristes dépourvus d’affect. « J’ai vu un homme d’une vingtaine d’années en survêtement, à l’air glacial, une arme à la main. Il ressemblait à un robot inhumain sans expression », dit Shaila qui se souvient de ces spectateurs froidement abattus par des balles tirées au coup par coup. « Un jeu d’enfant sadique », lâche-t-elle écœurée. Sophie, elle, n’oubliera jamais le sourire des terroristes, « surtout quand ils tiraient sur les gens ». Posté près du bar, Jérôme évoque pour sa part le calme de l’assaillant qui s’est approché de lui. « Il a commencé à nettoyer. Il pointait son arme sur les gens allongés par terre et il tirait. J’entendais son souffle derrière moi. Il tirait méthodiquement », expose cet ancien trader de 48 ans, qui a senti la balle qui lui était promise frôler sa joue.

La cour s’interroge alors sur le comportement de Samy Amimour sur la scène. « J’avais la sensation qu’il voulait faire durer le moment, avance Guillaume. Peut-être par cynisme ou peut-être qu’il voulait véritablement savoir si les gens étaient vivants ou morts. » Il suggère même que leur échange lui a potentiellement sauvé la vie, son agresseur ayant été saisi d’une once d’humanité. « Il n’a pas dû croiser beaucoup de regards ce soir-là. Peut-être que c’était plus difficile de le faire (le tuer) après », s’interroge-t-il.

Une semaine après l’attentat, Guillaume a revu le commissaire de la BAC. « Il croyait que j’avais été emporté par le souffle de l’explosion. Cette rencontre a été fondamentale dans mon processus de reconstruction », sourit-il en décrivant un officier entraîné à « mettre à distance l’affect ». « Il a non seulement été un sauveur pendant l’attentat mais aussi pour l’après. »

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Message par ruth Mer 13 Oct 2021, 16:18

ruth a écrit:On peut aussi suivre les directs de Charlotte Pirer [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

Attention ! Contenu sensible
Ils sont beaucoup plus détaillés que ceux d'A. Sarrot et donnent des informations très crues, sur le déroulement des attentats.

En alternance avec Charlotte Piret
il y a Sophie Parmentier qui est aussi très bien.

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" Passer pour un idiot aux yeux d'un imbécile
est une volupté de fin gourmet." -   
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Message par Lisetoct Sam 16 Oct 2021, 21:13

Bon, censurez-moi, c'est plus fort que moi : Samuel Paty [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

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Message par Mike68 Dim 17 Oct 2021, 06:44

Lisetoct a écrit:Précisons que ce sont des musulmans  qui ont conduit ces attaques sanglantes . Ce n'était pas des athées ou des agnostiques .Faudra bien un jour se rendre à l'évidence : l'islam représente une menace pour tous les esprits libres.

Bonjour Lisetoct - Evidemment que la base est religieuse , mais beaucoup sont encore dans le déni - C'est un dévoiement de l'Islam , une lecture littérale et moyen-âgeuse du Coran
qui a conduit à ces horreurs + des prétextes à 2 balles (si j'ose dire    Smile ) pour justifier la mort d'innocents (l'intervention des français en Syrie) - Si ces Djihadistes avaient des couilles ,  
ils s'en seraient pris aux vrais responsables : Macron et ses prédécesseurs.
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Message par JM Dim 17 Oct 2021, 09:43

Lisetoct à écrit :

Précisons que ce sont des musulmans  qui ont conduit ces attaques sanglantes . Ce n'était pas des athées ou des agnostiques .Faudra bien un jour se rendre à l'évidence : l'islam représente une menace pour tous les esprits libres.

En mettant tout le monde dans le même sac, ton manichéisme est dangereux pour la liberté de penser que nous défendons toi et moi, c'est de l'extrémisme quelque part. Ne te laisse pas gagner par la colère que nous inspirent ces ratés qui si ils avaient une bite, prendraient comme nous la vie du bon coté.

N'oublies pas non plus que la bible est la plus ancienne escroquerie qui soit et que la plupart des pasteurs protestants sont des escrocs, mais ca ne défini pas pour autant tout les croyants comme des salauds.


Bien à toi Lisetoct,

JM


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Message par Mike68 Dim 17 Oct 2021, 09:58

JM a écrit:
Lisetoct à écrit :

Précisons que ce sont des musulmans  qui ont conduit ces attaques sanglantes . Ce n'était pas des athées ou des agnostiques .Faudra bien un jour se rendre à l'évidence : l'islam représente une menace pour tous les esprits libres.

En mettant tout le monde dans le même sac, ton manichéisme est dangereux pour la liberté de penser que nous défendons toi et moi, c'est de l'extrémisme quelque part. Ne te laisse pas gagner par la colère que nous inspirent ces ratés qui si ils avaient une bite, prendraient comme nous la vie du bon coté.

N'oublies pas non plus que la bible est la plus ancienne escroquerie qui soit et que la plupart des pasteurs protestants sont des escrocs, mais ca ne défini pas pour autant tout les croyants comme des salauds.


Bien à toi Lisetoct,

Salut JM , sur ce coup là , on va être en désaccord - en grande partie en tout cas - Certes tous les musulmans ne sont pas des djihadistes et des terroristes , mais
les dernières générations , les + jeunes , sont - dans leur grande majorité -  TRES radicalisées , et mettent par exemple la Charia au dessus des lois françaises - Désolé , mais en France , on ne
coupe pas la main des voleurs , et on ne voile pas complètement la femme - Ca c'est dangereux , OUI. Car ces gens-là constituent le terreau pour ces fous furieux
complètement abrutis - Ensuite tu dis : tous les croyants ne sont pas des salauds , c'est une évidence , mais le problème n'est pas là encore une fois -
Combien d'attentats commis en France au nom d'Allah par rapport aux actes commis par des Chrétiens ou des Protestants ces 15 dernières années ? ,
le rapport est à peu près de 1 à 100 , ça c'est la réalité , les faits.....
Mike68
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Message par JM Dim 17 Oct 2021, 10:43

Tout les musulmans ne sont pas radicalisés, et les radicalisés sont la honte de l'Islam.

Les confessions, c'est de la merde pour moi, et je vais te dévoiler un coté sombre de ma personnalité :

Des personnes protestantes m'ayant invitées chez elle, je me du d'assister à une de leur messe ( Dans la maison même de ces gens). . .Ouch les tapés. . .A la fin de la séance et comme une récompense, le pasteur parle d'apocalypse imminent, que la fin est pour bientôt, que tout le monde va y passer en cramant. . .Sauf eux! Parce que Dieu les aime plus que les autres. . .Les crétins tombent à genoux en pleurant ''Pardon seigneur'', d'autres lèvent les bras au ciel et remercie cette prophétie'' Gloire à Dieu', et j'te raconte pas le reste.

Peu après, le covid fait son apparition, les morts se comptent et ses ordures ont bons,  ne respectent pas les règles sanitaire adoptées par tous puisque aimés et protégés par Dieu lui meme, je les voit passer souriant, triomphant, le seigneur fait le nettoyage promis, il les aime. . .Je lis sur le forum que Lisetoct et son fils sont touché par le mal que nous ne connaissions pas en détail, ma belle fille infirmière et sa gamine de 6 ans sont touchés, des médecins meurent. . Et se connards ont bons. . .Ils ne savent toujours pas qu'il doivent leur survie à celle de la petite.

La mère de famille fut contaminée ( pardon seigneur), le père malade, puis leur situation ''covidienne''s'arrangeât. . .Un peu, parce que la vie est souvent plus cruelle que moi. . .Aujourd'hui dans la merde qu'ils sont (. . .Même le fils a vu sa nana fuir très vite après le mariage. . .Certains n'ont a de nerfs LOL) et que le chute est proche, je vais visiter le père( très croyant et simple) à  visage découvert et lui dire '' Regardes comme Dieu t'a puni, et je te promet que ce n'est pas fini. . .tu sais ce que tu as fais. . .Le paradis n'est pas pour toi''. . .

On ne se refait pas, on se bonifie LOL!


Cordialement,

JM


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Message par Tristann Dim 17 Oct 2021, 21:44

JM a écrit:Tout les musulmans ne sont pas radicalisés, et les radicalisés sont la honte de l'Islam.
-
Meilleur commentaire que j'ai pu lire aujourd'hui, clairvoyant et juste comme souvent de ta part JM.
Force & honneur.

Bien sûr que les musulmans dans leur grande majorité pratiquent leur foi dans leur coin, à la mosquée sans faire chier, et condamnent les actes des terroristes.
Des pseudos chaînes d'information / désinformation en continu bien connues, aiment faire l'amalgame volontairement entre terroristes et musulmans et / ou islam c'est leur gagne-pain. C'est dire le niveau.

Au lieu de casser les nuts à faire de la manipulation sur les faibles esprit avec ce genre de faux-sujet, ils feraient mieux de parler des vraies préoccupations des Français comme le chômage / emploi, l'environnement, les retraites, le pouvoir d'achat etc tss...
Tristann
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Message par Mike68 Lun 18 Oct 2021, 05:02

Commentaires délibérément à côté de la plaque JM et Tristann , mais je vous aime bien quand même tous les 2            Very Happy

Il n'est pire aveugle que celui qui ne VEUT pas voir.        Mad
Mike68
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